Le pape Léon XIV a suscité l’engouement des fidèles à Paris ce samedi, avant de rejoindre le sanctuaire de Lourdes le lendemain. Il est attendu à Metz ce lundi.
«Aujourd’hui est jour de fête.» Ce samedi, le chant d’entrée donne le ton de la messe de Léon XIV, la première d’un pape à Paris depuis 2008, devant des centaines de milliers de fidèles – 800 000 selon le Vatican – déployés de la Concorde jusqu’à l’Étoile et au-delà. Une «communion magnifique», souligne l’une d’eux.
Cris et applaudissements se répandent sur des kilomètres de bitume quand le pape apparaît sur des écrans géants, au moment de monter dans sa papamobile place de l’Étoile, peu après 14 h. Durant cette déambulation, la seconde en deux jours, il bénit à tour de bras les bébés que des bénévoles lui présentent.
«Une communion magnifique»
Quand la messe commence une heure plus tard, la liesse laisse place au recueillement devant les rites et à l’écoute des lectures puis de l’homélie du pape. De nombreux fidèles participent au chant des chœurs, certains à pleine voix. Assis sur le trottoir, certains inclinent la tête, concentrés, en écoutant la voix du pape résonner sur les Champs.
D’autres se sont perchés sur un muret entourant la sortie d’ascenseur d’une station de métro, afin de le voir parler sur l’un des nombreux écrans géants installés.
«C’était une communion magnifique, j’en suis très émue», confie Sandra Lopez, 57 ans, responsable de magasin. «Voir le pape ici, c’est incroyable et on en avait vraiment besoin. Il a avant tout délivré de l’espoir pour la jeunesse», ajoute cette femme venue du Val-d’Oise.
Pour Christophe (qui n’a pas voulu donner son nom), 59 ans, «de plus en plus de gens reviennent vers la foi et le pape a soulevé une ferveur. Regardez ce monde, c’est bien plus que pendant une Coupe du monde de football!»
150 000 pèlerins à Lourdes
Ce dimanche, le pape a été accueilli par 150 000 pèlerins à Lourdes, où il a rappelé très fermement son opposition à l’aide à mourir et exhorté les évêques français à «poursuivre» la lutte contre le «douloureux fléau» de la pédocriminalité dans l’Église.
Le pape a été acclamé dans sa papamobile sur la prairie du sanctuaire marial, haut lieu de pèlerinage catholique. «Nous l’aimons beaucoup. Il nous invite à être attentifs, à ouvrir les yeux vers les autres, alors qu’aujourd’hui les gens sont refermés sur eux-mêmes», s’est enthousiasmée Mercedes Avello, 32 ans, venue de Pampelune.
Après avoir déjà dénoncé à l’Élysée «l’offre d’une mort programmée», Léon XIV s’est montré particulièrement pugnace contre l’euthanasie, deux mois après l’adoption en France de la loi instaurant un droit à l’aide à mourir. «Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral», a-t-il ajouté.
Appel à la vigilance sur les violences
Il n’a pas esquivé le sujet des violences sexuelles au sein de l’Église, sur lequel il ne s’était pas encore exprimé depuis son arrivée et qui reste brûlant pour l’Église de France, cinq ans après le rapport choc qui avait estimé à 330 000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950. Il a appelé les évêques français, lors d’une rencontre à huis clos, à poursuivre leur action face au fléau des violences sexuelles «en maintenant la plus grande vigilance».
Dernière étape de la visite papale en France : direction Metz ce lundi, pour une séquence voulue plus européenne et interreligieuse.