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À mi-mandat, les étudiants maintiennent la pression


Les étudiants luxembourgeois saluent les mesures déjà entreprises ces trois dernières années. (Photo : sophie wiessler)

À mi-parcours de la législature, l’ACEL juge le bilan du gouvernement globalement positif, tout en pointant des chantiers encore ouverts.

À mi-mandat, l’ACEL dresse un bilan globalement positif de l’action du gouvernement en matière de politique étudiante. «À la base, nous sommes très satisfaits du travail du gouvernement», résume ainsi son président, Mattis Noël, lors de la conférence de presse de ce mercredi 23 septembre. Mais plusieurs dossiers restent, selon l’association, à concrétiser.

La réforme de l’AideFi, l’aide financière de l’État pour les études supérieures, constitue l’une des principales avancées mises en avant. La nouvelle loi, entrée en vigueur le 1er août dernier, est «une avancée concrète» pour l’association, qui estime que plusieurs de ses revendications de longue date ont été reprises. Elle prévient toutefois que le dispositif devra encore évoluer face à la hausse du coût de la vie, des loyers et des frais liés aux études à l’étranger.

Cette prudence vaut particulièrement pour le logement. Dans une enquête publiée en ce début de semaine, l’ACEL relevait que 56,41 % des 432 participants avaient trouvé difficile d’obtenir un logement étudiant auprès de l’université du Luxembourg. La proportion montait à 68,8 % chez les étudiants originaires de pays hors de l’Union européenne.

Depuis cette publication, l’ACEL dit avoir rencontré les ministères de l’Enseignement supérieur, du Logement et de la Mobilité, ainsi que la direction de l’université du Luxembourg. «Nous allons essayer de vraiment pousser le dossier encore plus loin dans les mois à venir», indique Mattis Noël. Pour l’heure, aucune proposition concrète n’aurait encore été formulée.

La mobilité est directement liée à cette question, notamment pour les étudiants qui doivent rejoindre Belval. L’ACEL dit avoir reçu un premier retour de la ministre de la Mobilité, qui doit porter sur l’identification des trajets et secteurs les plus importants pour accéder au campus.

Une évaluation insuffisante

Autre dossier sensible : les stages. La loi impose une rémunération pour les stages d’au moins quatre semaines, avec des montants variant selon leur durée. L’ACEL estime cependant que les règles restent difficiles à comprendre et à appliquer. «Nous ne connaissons pas les cotisations exactes», déplore ainsi Mattis Noël.

L’association pointe notamment les différences entre les règles du code du travail et celles de la sécurité sociale et demande des clarifications sur les cotisations. Elle regrette également que l’évaluation de la loi, finalement lancée en 2025 après plusieurs demandes, n’ait pas débouché sur des propositions de réforme.

L’association estime donc que cette évaluation ne permet pas de mesurer pleinement les effets de la législation et réclame de nouvelles mesures sur l’indemnisation, la sécurité sociale et l’information des personnes concernées.

L’ACEL se félicite également de la réforme du financement des doctorats. Le nouveau dispositif AFdoc, qui remplace l’ancienne formule AFR, prévoit deux appels à projets par an à partir de 2027. Mais l’association reste toutefois attentive aux critères qui détermineront quels projets seront considérés comme pertinents et à la situation des doctorants dont le projet ne serait pas financé.

Des mesures concrètes

Autre mesure suivie : la création annoncée de badges numériques pour valoriser le bénévolat. L’ACEL y voit un moyen de mieux reconnaître l’engagement étudiant, alors que plusieurs cercles peinent depuis la crise sanitaire à renouveler leurs comités. «Après le covid, les membres se sont échappés un peu, ils ne veulent plus rejoindre un comité», explique Mattis Noël, se félicitant de la mise en place des ces badges numériques.

L’association soutient par ailleurs l’idée d’un vote électronique à distance, qui faciliterait notamment la participation électorale des étudiants vivant à l’étranger. Elle considère toutefois que le dossier n’est pas encore abouti.

Enfin, l’ACEL participe aux discussions sur l’avenir du système de pension avec d’autres organisations de jeunesse et l’Inspection générale de la sécurité sociale. Douze questions ont déjà été transmises à l’IGSS et de nouvelles analyses sont attendues d’ici la fin de l’année.

Pour l’association, l’enjeu est désormais de transformer les annonces et réformes en mesures concrètes, notamment sur les conditions de logement, les stages et le financement des études. Elle entend ainsi poursuivre son dialogue avec le gouvernement tout en maintenant ses revendications au nom des étudiants au Luxembourg et à l’étranger.

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