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Drones : à l’automne 2025, une première vague de perturbations en Europe


Des drones avaient paralysé à plusieurs reprises Brussels Airport en novembre dernier. (Photo : afp)

Une vague de perturbations liées à la détection de drones a touché en automne dernier plusieurs aéroports européens. Des drones ont aussi été aperçus au-dessus de sites militaires.

Le Premier ministre, Luc Frieden, a souligné à plusieurs reprises, samedi matin, que les vols de drones non autorisés dans le ciel luxembourgeois constituent une nouveauté pour le Luxembourg. Le chef du gouvernement a renvoyé aussitôt vers les perturbations et incidents de sécurité survenus ces derniers mois dans d’autres pays européens. À raison, car la liste des perturbations causées par des drones aux alentours d’aéroports et près de sites militaires est longue.

L’incident le plus marquant demeure la découverte d’un drone muni d’explosifs, dans la nuit du 4 au 5 août dernier, à l’aéroport de Leipzig/Halle dans l’est de l’Allemagne. L’engin a été détecté par un chauffeur de bus aux abords d’avions-cargos ukrainiens du type Antonov, employés notamment pour transporter des armes destinées au front de guerre en Ukraine.

Un avion-cargo contraint de remettre les gaz a en outre percuté un second objet en vol, probablement un autre drone, avant d’atterrir à Hanovre avec de légers dégâts.

Après une enquête, le gouvernement allemand a attribué la tentative d’attaque par un drone armé à la Russie, ce que le Kremlin n’a pas tardé à démentir. Des enquêteurs allemands soupçonnent un membre du renseignement militaire russe (GRU) d’avoir participé à la préparation de cette «attaque hybride».

Cet incident majeur a été précédé à l’automne 2025 par une importante vague de détection de drones non autorisés dans une série d’aéroports européens, majoritairement en Allemagne (Munich, Berlin), mais aussi au Danemark (Copenhague, Aalborg), en Norvège (Oslo), en Espagne (Alicante, Palma de Majorque) et en Belgique (Bruxelles, Liège). Entre septembre et novembre, des centaines de vols ont été annulés et déroutés, provoquant d’importantes perturbations.

Le phénomène s’est poursuivi en 2026 : fin mai, l’aéroport de Munich a une nouvelle fois été contraint d’interrompre le trafic aérien après le signalement d’un drone.

Dès octobre 2025, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait qualifié la multiplication des incursions et actes de sabotage de «guerre hybride» et plaidé pour un système européen de détection et de neutralisation des drones.

Alerte au camp de Marche-en-Famenne

En parallèle des perturbations du trafic aérien, des drones ont aussi déclenché des alertes au-dessus de sites militaires en Europe.

En Belgique, des drones ont notamment été détectés en 2025 au-dessus ou à proximité des camps d’Elsenborn, de Kleine-Brogel, de Bourg-Léopold et de Marche-en-Famenne, en province de Luxembourg.

«Quatre ou cinq drones ont survolé le camp militaire», avait confirmé fin octobre 2025 le ministre belge de la Défense, Theo Francken. «Il s’agit ici d’une véritable alerte pour notre défense. On ne parle pas de quelques gamins qui se seraient amusés à faire voler de petits drones par plaisir ou par provocation. Non, il s’agit vraiment de quatre à cinq appareils qui ont été identifiés par les militaires de garde et qui volaient spécifiquement au-dessus du camp», avait-il poursuivi.

L’Allemagne a également enregistré des survols suspects, avant de nouveaux incidents en 2026. D’autres drones non identifiés ont été signalés près d’installations militaires au Danemark et en France, tandis que le Royaume-Uni a recensé plus de 250 incidents à proximité de sites militaires en 2025. Dans la plupart des cas, l’identité des opérateurs et l’origine des appareils n’ont pas pu être établies publiquement.

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