Face aux interrogations sur l’endettement étudiant, les ministres Stéphanie Obertin et Gilles Roth dressent le bilan des prêts garantis par l’État.
Combien d’étudiants ont eu recours à un prêt? Afin de garantir l’accès aux études supérieures, l’État peut se porter garant du capital et des intérêts dus par un étudiant si ce dernier a contracté un crédit dans un institut conventionné. Mais cette démarche pose tout de même certaines questions. Dans ce contexte, les députés Stéphanie Weydert et Ricardo Marques (CSV) ont souhaité interpeller le gouvernement.
Stéphanie Obertin, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, et Gilles Roth, ministre des Finances, précisent tout d’abord qu’au 31 décembre 2025, 41 755 étudiants ont eu recours à un crédit conventionné avec l’État pour un montant de 761 256 803 euros. Parmi eux, la grande majorité était des résidents (34 503), contre 7 252 de non-résidents.
Des prêts entre 6 et 8 ans
Concernant le taux d’endettement, les chiffres dévoilés par les deux ministères ne permettent pas d’opérer une distinction entre les étudiants poursuivant encore leurs études et ceux se trouvant déjà en phase de remboursement de leur prêt. En revanche, les données montrent que l’endettement moyen reste assez stable depuis 2016, même s’il a subi une hausse depuis 2023. L’année dernière, il était estimé à plus de 18 000 euros pour les résidents et 14 000 euros pour les non-résidents.
En se basant sur les données communiquées par les banques conventionnées, la durée moyenne de remboursement des prêts étudiants est fixée entre six ans et demi et huit ans. La moyenne exacte varie pour les différentes banques. «Faute d’indications plus détaillées sur les dix dernières années, il peut être conclu, à titre indicatif, que la durée moyenne globale de remboursement est de l’ordre d’environ sept ans», précisent les ministres.
Des vérifications auprès des débiteurs
Au cours des dix dernières années, 293 dossiers aux fins de recouvrement ont été transmis à l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA (AED) pour un montant global de 4 074 910,27 euros. Sur ce montant, 350 581,60 euros ont pu être recouvrés. Le montant versé au titre de la garantie et restant à recouvrer par l’AED auprès des débiteurs s’élève à 3 715 836,96 euros.
«Ce montant tient compte de l’annulation d’une créance d’un montant de 8 491,71 euros, prononcée par décision judiciaire dans le cadre d’une procédure de surendettement, le juge ayant constaté que cette créance n’était plus susceptible de recouvrement. Sur ce montant, 463 266,72 euros sont considérés par l’AED comme définitivement irrécouvrables, tandis que 3 252 570,24 euros demeurent formellement en cours de recouvrement», précisent les deux ministres.
Des vérifications régulières sont effectuées auprès des débiteurs concernés au moins trois fois par an, notamment pour savoir s’ils disposent d’une nouvelle adresse au Luxembourg ou si de nouvelles possibilités de recouvrement se présentent. «Il convient de préciser que l’activation de la garantie de l’État n’intervient qu’après que l’établissement de crédit concerné a entrepris les démarches de recouvrement nécessaires à l’encontre du débiteur. L’établissement de crédit doit constituer un dossier établissant qu’il a mis en œuvre les moyens appropriés pour obtenir le remboursement du prêt, y compris, selon les circonstances, le recours à un avocat ou à un huissier de justice. À défaut de telles démarches, la garantie de l’État n’est pas mise en œuvre», concluent Stéphanie Obertin et Gilles Roth.