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Le nucléaire à sec

Les canicules à répétition de l’été 2026 ne favorisent pas seulement les départs de feux de forêts géants dans le sud-ouest et le sud de l’Europe. Plus au nord, les Pays-Bas sont désormais eux aussi confrontés à un important incendie. Agriculteurs et viticulteurs souffrent de la sécheresse. Les grands fleuves européens atteignent, eux aussi, des niveaux historiquement bas. Cette baisse des eaux affecte plusieurs secteurs clés, dont la sidérurgie, la chimie et l’industrie pétrolière, fortement dépendants du transport fluvial. Au Luxembourg, les très ponctuelles ruptures de carburant observées dans certaines stations-services s’expliquent d’ailleurs par le ralentissement du trafic sur le Rhin.

Autre «victime collatérale» de la sécheresse : les centrales nucléaires. Souvent présentées par les climatosceptiques et les opposants aux énergies renouvelables comme une source d’électricité fiable en toutes circonstances, elles se révèlent elles aussi vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique. La baisse du débit des fleuves, indispensables au refroidissement des réacteurs, contraint de plus en plus souvent les exploitants à réduire, voire à interrompre leur production.

Depuis samedi, une unité de la centrale de Cattenom est à l’arrêt. Deux autres réacteurs de la centrale de Chooz, dans les Ardennes, sont également hors service. Il ne s’agit certes que de trois réacteurs sur les 57 que compte le parc nucléaire français, mais les effets de la sécheresse vont continuer à peser sur la production.

La situation est plus préoccupante encore en Hongrie. Les autorités mettent tout en œuvre pour maintenir en service au moins un réacteur de l’unique centrale nucléaire du pays, qui assure habituellement près d’un tiers de la production d’Europe centrale. En Roumanie voisine, les exploitants cherchent également à éviter l’arrêt complet de la seule centrale du pays, elle aussi refroidie par les eaux du Danube. Les deux États appellent à réduire la consommation d’électricité.

Il est donc plus urgent que jamais de miser sur le développement des énergies renouvelables. Certes, le soleil ne brille pas toujours et le vent ne souffle pas en permanence. Mais, au moins, ils ne tombent pas à sec, contrairement au nucléaire.

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