Après l’annonce de son projet d’ouverture aux investisseurs privés via la création d’une société dédiée, la FIFA est sous le feu des critiques, avec en première ligne l’UEFA et l’Union européenne.
Ainsi, faire passer la Coupe du monde de 48 à 64 nations ou accélérer la fréquence du tournoi planétaire (qui se tient tous les quatre ans depuis sa création, en 1930) «gonfleraient inévitablement la valeur financière» de la nouvelle société.
Le président de la fédération française, Philippe Diallo, a estimé que ce projet «soulève beaucoup d’interrogations» et a dit avoir signifié à Gianni Infantino, le président de la FIFA, la nécessité de «processus de décisions un peu plus transparents».
La fédération allemande a dénoncé elle une «attaque absolue contre le football», ajoutant qu’il y a «un large consensus au sein des fédérations membres (NDLR : de l’UEFA) à ce propos».
Les confédérations nord-américaines (Concacaf) et asiatiques (AFC) ont, elles, regretté que ce projet ait été rendu public sans que les 211 fédérations membres de la FIFA aient été consultées.
D’après The Times, Infantino a envoyé une lettre aux fédérations leur laissant jusqu’au 19 septembre pour se prononcer en faveur du projet, avec l’assurance de pouvoir toucher en échange 20 millions d’euros de financements supplémentaires dès le 1er janvier 2027. «Ça dit tout de ce projet», a commenté l’UEFA mercredi.
Pour concrétiser la création de cette société commerciale, soumise à validation par son Conseil, la FIFA travaille avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump.
Toujours d’après The Times, Infantino, qui affiche régulièrement sa proximité avec le président américain, pourrait à terme devenir directeur général de la FFE, avec à la clé des revenus personnels qui pourraient être décuplés.
«D’un point de vue financier, le diable sera dans les détails. Quels seront les droits des investisseurs? Comment leur investissement sera-t-il sécurisé? Quelle part des revenus futurs leur reviendra?», s’interroge sur X Antoine Duval, chercheur en droit international du sport à La Haye. «Il est probable qu’un gain à court terme cachera des pertes à long terme pour la FIFA.»