Depuis le début de la législature, un peu plus d’un tiers des élus des législatives d’octobre 2023 ont quitté prématurément leur siège de député. Il y a bien entendu eu les remplaçants des politiciens nommés ministres. Mais, au-delà de cette rotation classique, les départs se veulent nombreux. Rappelons que Jean Asselborn, premier élu sur la liste Sud du LSAP et ministre depuis 19 ans, avait refusé d’office d’aller siéger à la Chambre. Tout profit pour Yves Cruchten. Plusieurs autres anciens ministres du gouvernement tricolore ont également tourné le dos au Parlement : Paulette Lenert (LSAP) – remplacée par Ben Streff – est partie siéger au Conseil d’État, François Bausch (déi gréng) a rapidement laissé sa place à Djuna Bernard et Joëlle Welfring (déi gréng) vient d’annoncer son départ pour la Banque européenne d’investissement (BEI), ouvrant la voie au retour de Josée Lorsché.
Il y a aussi eu plusieurs départs à la retraite : Fernand Etgen (DP) a remis le flambeau à Marc Hansen, Jeff Engelen (ADR) a délaissé son siège à Michel Lemaire. Emile Eicher (CSV) devrait être le prochain sur la liste. Les européennes de juin 2024 ont propulsé Christophe Hansen (CSV) à la Commission européenne, son successeur est Jean-Paul Schaaf. Fernand Kartheiser (ADR) est devenu eurodéputé, Dan Hardy a pris le relais. Bien plus tragique fut la mort en août 2024 de Max Hengel (CSV). Ricardo Marques a pris la relève. Georges Mischo, écarté du gouvernement en décembre 2025, a repris le siège de Marc Spautz, nommé ministre du Travail. Les députés du Parti pirate, toujours ennemis jurés, tiennent bon, mais ils ont vu leur collègue Ben Polidori rejoindre le LSAP. Reste déi Lénk qui, fidèle à son principe de rotation à mi-mandat, va remplacer en octobre David Wagner et Marc Baum par Ana Correia et Gary Diderich.
L’aspect positif réside dans le renouvellement et le rajeunissement des rangs. Mais cette valse pose aussi la question du respect des électeurs. Elle relance également le débat sur le statut des députés, qui ne bénéficient à la base que d’un congé politique de 20 heures. Certains sont contraints de conserver une activité professionnelle, au risque de nuire au bon fonctionnement de la Chambre, le premier pouvoir du pays.