FRANCE Un nombre «très important» de reprises de feu ont forcé l’évacuation préventive de milliers de touristes, avant l’arrivée prévue ce mercredi d’un nouveau pic de chaleur.
L’incendie est «stabilisé» et ne «progresse pas», a déclaré mardi en fin de journée la préfète du département, Sophie Brocas. Pour autant, les pompiers ont fait face à «14 reprises de feu, c’est très important, sur des zones qui avaient déjà été parcourues par le feu».
Environ 4 000 personnes ont été évacuées par précaution des hébergements touristiques de Lacanau, «dans le plus grand calme, puisqu’on avait un peu de temps», s’est satisfait le maire Laurent Peyrondet.
En raison des températures grimpantes et de forts vents, le commandant Matthieu Jomain, du Service départemental de secours et d’incendie, avait jugé dans la matinée que la situation était «a minima» comparable à celle du 22 juillet, jour où le feu s’est déclenché.
Dans l’après-midi, la préfecture de Gironde a annoncé que «plusieurs reprises de feu sont observées dans la surface brûlée, tout particulièrement à Lège/Grand Crohot et Marcheprime», soit aux extrémités nord-ouest et sud-est du mégafeu. Avec des survols de Canadair au-dessus de Lège-Cap-Ferret, où la fumée est revenue dans tout le village.
Ces récidives sont «un témoignage de la précarité de la situation», avertissait le commandant Jomain.
Pour prévenir de nouvelles récidives, la DFCI (Défense des forêts contre les incendies) a réalisé 121 km de pare-feux, selon son président Bruno Lafon.
L’incendie de Gironde a brûlé 42 000 hectares à ce jour, soit la plus grande superficie depuis un feu de forêt meurtrier dans les Landes de Gascogne en 1949 qui avait ravagé environ 50 000 hectares.
Passées hier midi en vigilance jaune canicule, la Gironde et les Landes s’apprêtent à vivre selon Météo-France un «fort pic de chaleur».
Après une première hausse des températures mardi jusqu’à 33 à 35°C dans les terres, le thermomètre atteindrait des maximales «souvent comprises entre 38 et 41°C» mercredi, avec des vents un peu moins forts mais plus secs, et avant une nette baisse attendue jeudi.
Un nouveau suspect arrêté dans le Var
Depuis le début du mégafeu, 222 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes.
Les habitants de trois villes proches de Bordeaux évacuées dans le week-end, Le Haillan, Mérignac et Eysines, vont pouvoir rentrer chez eux «s’ils le souhaitent», à la condition de rester prêts à partir en cas de nouvelle menace, a annoncé mardi la préfète de Gironde. Le feu n’étant pas «fixé», c’est-à-dire contenu, le retour du plus grand nombre dans leurs hébergements n’est à ce stade pas envisageable.
Soixante-deux campings ont été évacués dans la Gironde et dans les Landes, représentant 50 000 vacanciers, selon la Fédération nationale Hôtellerie de plein-air.
Dans les Landes, le feu désormais «fixé» après avoir brûlé 3 600 hectares et 198 bâtiments, «peut reprendre», a averti mardi matin le préfet du département, Gilles Clavreul. «La zone est gigantesque, on peut avoir des redémarrages», a-t-il mis en garde.
Plusieurs quartiers de Biscarrosse demeurent bouclés par les autorités. Mais une grande majorité des 30 000 évacués dans le département ont été autorisés à regagner leur hébergement, selon le préfet.
Ces derniers jours, le sud-est de la France a également été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.
Dans ce dernier département, les reprises du feu dans le massif du Gros Bessillon ont été «circonscrites» lundi soir selon la préfecture. La gendarmerie a annoncé mardi le placement en détention provisoire d’un homme de 23 ans, soupçonné d’une série de départs de feu de végétation dans le département.
Incendies en Espagne : le bilan monte à 14 morts
Une femme grièvement brûlée dans l’incendie qui a touché l’Andalousie le 9 juillet dernier est morte des suites de ses blessures, a annoncé jeudi l’hôpital où elle était soignée, portant le bilan à 14 morts, en majorité des étrangers.
Cet incendie, qui s’était déclenché dans la région d’Almeria, située dans le sud de la péninsule ibérique et très prisée des touristes étrangers, est le plus meurtrier en deux décennies.
L’Espagne commencerait toutefois à entrevoir «la lumière au bout du tunnel» dans la lutte contre les incendies, les pires de son histoire, qui font rage à l’ouest de Madrid, alors que la chaleur et le vent risquent de compliquer la situation, a annoncé mardi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Le ministère de l’Intérieur a levé l’ordre d’évacuation pour 13 communes de la région de Madrid et celle voisine de Castille-et-Léon.