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De quelques jours à plus d’un an, le grand écart des délais d’attente au LNS


(Photo : archives editpress)

Combien de jours faut-il avant de connaître les résultats de ses analyses de santé? Martine Deprez a répondu ce lundi.

Deux jours, treize jours, plus d’un an… Au Luxembourg, le temps d’attente avant d’obtenir un résultat d’analyse ou un rendez-vous lié à un examen médical varie fortement. Interrogée sur ce sujet par les députés LSAP Dan Biancalana et Mars Di Bartolomeo, la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, fait le point sur les délais au Laboratoire national de santé (LNS), dans une réponse publiée ce lundi,

En fait, il apparaît que les délais diffèrent fortement selon les examens. En génétique clinique, ce sont surtout les consultations de conseil génétique qui restent sous tension. Pour les cas non urgents, l’attente dépasse un an. Heureusement, assure la ministre, les situations urgentes sont prises en charge dans un délai d’un à trois mois, tandis que les demandes liées à une grossesse peuvent être traitées en quelques jours.

Martine Deprez estime que l’entrée en vigueur, fin 2025, de la loi créant la profession de conseiller en génétique permettra de résorber ce retard «dans un délai de 12 à 15 mois». Et d’assurer qu’il n’existe «aucun retard» pour les résultats des analyses génétiques. Les délais de traitement sont même annoncés comme inférieurs aux normes prescrites et meilleurs que ceux de nombreux laboratoires étrangers comparables.

En pathologie, la situation est plus contrastée. En cytologie gynécologique, où les analyses sont entièrement numérisées et s’appuient sur des outils d’intelligence artificielle, les résultats sont obtenus en deux à trois jours et «aucun retard n’est à déplorer depuis des années».

Recrutement et digitalisation annoncés

L’anatomopathologie, indispensable notamment pour diagnostiquer les cancers et les lésions précancéreuses, reste en revanche confrontée à un retard. Si le délai de traitement du laboratoire lui-même est passé de plus de 10 jours à 2,9 jours grâce à une réorganisation des processus, le délai moyen global atteint encore 13 jours en raison d’un arriéré accumulé chez les pathologistes.

Le ministère nuance toutefois ce chiffre : les dossiers urgents, qui représentent 13 à 15 % des échantillons, continuent d’être traités dans un délai de trois jours. Il souligne également que les progrès médicaux nécessitent davantage d’analyses complémentaires sur chaque prélèvement, ce qui allonge naturellement les délais.

Pour revenir à une situation normale, le LNS a recruté trois pathologistes supplémentaires ces derniers mois et prévoit de résorber entièrement le retard d’ici la fin du mois de septembre. L’arrivée d’un nouveau chef de service à la mi-septembre doit également contribuer à accélérer cette dynamique.

La numérisation devrait aussi permettre de gagner du temps. Après la mise en place d’une transmission numérique des données avec les Hôpitaux Robert-Schuman, qui a déjà permis de réduire les délais d’environ une journée pour les cas concernés, le LNS travaille avec les autres établissements hospitaliers à une solution similaire. Une plateforme destinée aux médecins doit par ailleurs être lancée à l’automne afin de leur permettre de suivre presque en temps réel le traitement des échantillons de leurs patients.

Cette question parlementaire intervient au moment où des discussions sont en cours sur les monopoles dont bénéficie l’établissement dans certains domaines. Leurs conclusions seront communiquées ultérieurement, indique Martine Deprez.

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