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[Cyclisme] Les mauvais calculs de Martinez


Ici calé dans la roue de Richard Carapaz, Lenny Martinez a trop peu collaboré pour nourrir des regrets. (Photo : afp)

Le Français s’est replacé au général mais a trop roulé à l’économie pour espérer remporter l’étape.

Les regrets sont-ils aussi éternels que les triomphes? Arrivé au pied de l’Alpe d’Huez avec le groupe de tête et une avance confortable sur Pogacar, Lenny Martinez a roulé à l’économie vendredi, renonçant à tout donner pour l’emporter, mais s’est replacé à la cinquième place du général, son objectif proclamé du jour.

Parti dans la bonne échappée, le petit grimpeur tricolore a pris une jolie deuxième place et a surtout réalisé une superbe opération au classement général, grappillant deux places en dépassant Mattias Skjelmose et Juan Ayuso pour débouler dans le top 5 à deux jours de l’arrivée sur les Champs-Élysées.

Mais l’on se demandera forcément si une belle place au tableau d’honneur de cette 113e édition marquera autant les esprits qu’un sacre au sommet d’une des montées les plus mythiques de la Grande Boucle.

L’équation semblait pourtant simple lorsqu’un groupe de costauds a plongé à toute vitesse dans le chaudron alpin avec 3’30 d’avance sur le petit peloton des favoris : il fallait rouler, et vite, pour éviter de voir Pogacar, ses jambes de feu, sa soif de victoire et son maillot jaune fondre sur la tête de course., Elle s’est encore simplifiée lorsque le maillot jaune est passé à l’offensive dans les premiers hectomètres de l’Alpe, ne laissant d’autre choix à ceux qui ouvraient la route que d’emmener grand train.

«C’est sa façon de courir»

Pourtant, Sepp Kuss, Richard Carapaz et donc Lenny Martinez ont minaudé des kilomètres durant, se jaugeant sans se relayer dans le couloir humain délirant formé par la foule compacte.

«Je pense que s’ils font un rythme plus régulier, peut-être qu’ils arrivent plus haut avant de se faire rattraper», estime Charles Wegelius, directeur sportif de Carapaz chez EF Education. Et au premier rang des mauvais élèves quand il s’est agi d’appuyer les relais? Martinez.

«C’est sa façon de courir, on l’a vu plusieurs fois dans le passé, il a joué ses cartes comme il a choisi de les jouer», déplore Wegelius.

«Je pensais juste prendre un coup d’avance et j’ai pensé à la victoire d’étape juste à la fin», explique Martinez, avant d’ajouter : «Deuxième, c’est beau mais ça aurait été beau de gagner, mais c’est Tadej qui gagne, il était vraiment le plus fort aujourd’hui.»

«C’est toujours super de gagner et j’ai aussi dit à Lenny dans l’oreillette que pour un coureur français, gagner à l’Alpe d’Huez, une montée légendaire, ce serait grandiose, mais il est très intelligent et il a un peu calculé l’énergie qu’il dépensait», explique Roman Kreuziger, directeur sportif de l’équipe Bahrain.

«Le premier truc c’était pour le général, reprendre un peu de temps», rappelle Martinez, comme un écho au discours de ses patrons.

«Je pense que si Lenny avait été dans le groupe des favoris, il aurait pu monter plus vite que ce qu’il a fait en étant devant, mais il était en course pour la victoire d’étape, ils se sont regardés… Mais il est bien placé, et il n’aurait pas cru pouvoir être cinquième du général après 19 étapes», assure Kreuziger.

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