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[Football] Bissen maudit Klaksvik à son tour


Roman Ferber avait redonné l'espoir à Bissen en égalisant à la 25e minute. Mais les Féroïens ont fermé la boutique ensuite. (Photo Gerry Schmit)

[Ligue des champions] Comme Differdange il y a deux ans au même stade de la compétition, Bissen a été incapable de renverser les Féroïens de Klaksvik et a pris la porte dès le 1er tour, mercredi.

Ni le raz de marée humain, ni le retournement de situation n’ont eu lieu, mercredi au stade de Luxembourg. Alors que Carlos Teixeira, le président du FC Atert Bissen, espérait un élan national pour porter ses hommes en Ligue des champions contre Klaksvik, seules 2072 personnes se sont pressées à Gasperich, où les champions du Luxembourg ont vécu une soirée aussi frustrante face aux Féroïens que Differdange au même stade de la compétition.

Battu 2-1 au match aller, Bissen devait marquer un but de plus que Klaksvik pour décrocher les prolongations, et deux pour rallier le 2e tour de la C1, mais c’est le contraire qui s’est produit au stade national, d’où les Féroïens, sans spécialement briller, sont repartis avec un succès 2-1 et la qualification. L’expérience, à ce niveau, ça pèse lourd. Les équipiers de Roman Ferber continueront de parfaire la leur en Ligue Conférence, la troisième compétition européenne.

Crame a eu la balle de 2-1…

Pour renverser KI, l’entraîneur bissenois avait opté pour un onze résolument offensif, avec Tiago Rodrigues, le buteur de l’espoir à l’aller, aligné comme piston droit à la place de Lenny Almada dans une équipe dont sortaient également Geordan Dupire, Zakaria Louriz et Reda Eddarraj au profit de Yassine Gourari, Brian Silva, Mehdi Terki et Tyrone Crame. Mais ce sont les Féroïens qui se sont procuré la première occasion sur une reprise de Danielsen (2e) repoussée par Gourari.

Rodrigues a répliqué d’un tir trop croisé sur la séquence suivante, laissant présager un emballement de la rencontre par les Bissenois, mais c’est le pire des scénarios qui s’est produit quelques minutes plus tard. Juste après la sortie sur blessure du même Rodrigues, Bissen s’est fait doucher par ce diable d’Arni Frederiksberg. Voyant Gourari avancer, l’ailier féroïen s’est remis sur son pied gauche et a lobé le portier bissenois depuis une trentaine de mètres, côté droit (0-1, 9e).

Avec désormais deux buts d’avance sur l’ensemble des deux matches, une aubaine pour eux, les Féroïens pouvaient tranquillement reculer pour mieux piquer en contre, et c’est sur l’un d’eux que Jean Carlos a failli doubler la mise. Légèrement dévié par Almada, son tir est passé juste au-dessus et sur le corner suivant, Rolantsson a lui aussi cru au 0-2, mais sa reprise a été contrée par l’un de ses partenaires alors que Gourari semblait battu (20e).

Un petit tournant : cinq minutes plus tard, Roman Ferber a ramené le FC Atert à égalité. Trouvé dans le dos de la défense féroïenne par un long ballon de Veiga, Almada, qui avait parfaitement croisé, a aussi parfaitement remisé pour son capitaine, buteur tranquille du droit à l’entrée de la surface (1-1, 25e). Le Belge a ensuite cru se muer en passeur décisif mais Crame, qui s’était arraché pour récupérer un ballon et s’appuyer sur lui, a gâché son offrande, perdant son duel avec Jensen (39e).

Arnie-Pall, le duo maléfique frappe encore

À ce niveau-là, ce genre d’opportunité manquée se regrette souvent, et c’est typiquement ce qu’a fait Bissen à l’heure de jeu quand, sur un corner de la gauche frappé par Frederiksberg, Pall Klettskard a échappé à tout le monde pour smasher le ballon de la tête au premier poteau (1-2, 59e). Et donner un goût amer de déjà vu aux hommes de Vitor Pereira, pris en défaut par le même duo et de la même manière sur le but du break à l’aller, mais sur un coup franc excentré.

Pereira s’apprêtait à lancer Lucas Correia et Joel Rodrigues pour tenter d’arracher la prolongation, les deux jokers sont finalement entrés pour essayer de raviver l’espoir, en vain. Les nouvelles entrées conjuguées de Reda Eddarraj et Mamadi Djalo et le passage en 4-4-2 n’y ont rien changé : bien aidés par un arbitre macédonien très permissif vis-à-vis de leur antijeu quasi permanent, les Féroïens ont assez aisément géré leur avantage, malgré la pression finale des Bissenois.

Pour ces derniers, l’aventure continentale ne s’achève pas pour autant : les voilà reversés en Ligue Conférence, où ils affronteront au 2e tour le champion de Hongrie, Györ, qui s’est de son côté fait sortir mardi par les Islandais du Vikingur Reykjavik. Mais les Bissenois, qui doivent désormais passer trois tours pour rallier la phase de ligue de cette C4, n’ont plus de parachute : toute nouvelle élimination sonnera le glas de leur parcours européen.

BISSEN – KLAKSVIK 1-2 (1-1)

Stade de Luxembourg. Pelouse en bon état. Arbitrage de M. Stojchevski (Mac). 2072 spectateurs environ.

Évolution du score : 0-1 Frederiksberg (9e), 1-1 Ferber (25e), 1-2 Klettskard (59e)

Cartons jaunes : Ferber (74e) à Bissen; Hansson (28e) et Jensen (78e) à Klaksvik

Bissen : Gourari – Silva (72e Djalo), Mannone, Veiga – T. Rodrigues (8e Almada), Pimentel, Terki (72e Eddarraj), Zeghdane – Crame (61e J. Rodrigues), Ferber, Abi Ramzi (61e L. Correia).

Klaksvik : Jensen – Faero (81e Näsström), Tellechea, Rolantsson – Danielsen, Hansson, Pavlovic, Jean Carlos (90+2 Johansen) – Frederiksberg, Klettskard (90+2 Hustad), Ali (81e Brattbakk).

VESTIAIRES : «Il y avait la place»

Eric Veiga (Bissen) : «C’est compliqué cette élimination car on avait vraiment à cœur de passer ce tour. Il y avait la place. On encaisse trop rapidement le premier but, ensuite on est bien revenu et on a bien joué et on aurait pu même marquer ce deuxième but en première période. On a eu mal à pénétrer dans leur surface, ils sont physiques, cela s’est vu et ils ont très bien défendu. Ils sont costauds. On aurait dû mieux gérer notre jeu de temps au niveau de la possession, les faire courir mais on n’a pas vraiment réussi. C’est dommage.»

Toufik Zeghdane (Bissen) : «Certes, il y avait de la place pour plus, mais ils ont montré qu’ils avaient plus d’expérience que nous. Ils ont su gérer leur temps forts et leur temps faibles. Chose qu’on n’a pas fait. Ils méritent leur qualification, même si on n’a pas démérité non plus. On s’est créé quelques situations, mais leur expérience a fait qu’ils passent. Bravo à eux. On va revenir dans une réalité qui est la nôtre et je pense qu’un deuxième tour de Conference League, c’est peut-être plus notre place. Mais c’est déjà beau d’avoir emmené le club jusqu’ici, en espérant revenir la saison prochaine.»

Recueilli par Jessy Ferreira

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