Le Luxembourg dispose-t-il d’un nombre suffisant d’ambulances pour couvrir son territoire ? Interpellé par la sensibilité politique pirate après un incident logistique dans le Sud, le ministre Léon Gloden rappelle que la gestion des secours repose sur le délai d’intervention plutôt que sur les frontières communales.
Le député des Pirates, Marc Goergen, expliquait dans une question parlementaire adressée au ministre des Affaires intérieures qu’une personne avait été transportée par les services de secours du CGDIS pour une urgence médicale. Or, selon la famille concernée, elle n’aurait pas été emmenée à l’hôpital où elle est régulièrement soignée, mais dans un autre centre hospitalier. D’après le député «la raison invoquée aurait été, entre autres, qu’aucune autre ambulance n’était disponible pour le territoire de Pétange».
Dans sa réponse, Léon Gloden indique que selon le principe général, «le patient doit être transporté vers le centre hospitalier le plus proche et le plus rapidement accessible». Mais dans certains cas, il peut être transporté vers un autre hôpital de garde. Une pathologie chronique en cours ou une volonté manifeste exprimée par le patient lui-même sont les motifs évoqués.
«Lorsqu’il s’agit d’une intervention impliquant également un SAMU, le médecin du service décide généralement, sur la base de l’état médical du patient, vers quel hôpital celui-ci sera transporté, en concertation avec le CSU 112 et l’hôpital concerné. Pour des missions spécifiques (par exemple : pédiatrie, psychiatrie), il existe des procédures adaptées», explique le ministre des Affaires intérieures. Les modalités d’orientation des patients sont validées par le CGDIS et la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL).
Une réserve supplémentaire
Au Luxembourg, quarante ambulances présentes dans les centres d’intervention et de secours (CIS) du pays peuvent être mobilisées au niveau national. Une réserve opérationnelle de 32 véhicules est également disponible lorsque plus d’ambulances que la normale doivent être armées, comme ce fut le cas pour le renfort dans le cadre de la canicule de juin 2026. «En pratique, il peut bien entendu arriver qu’une ambulance soit momentanément indisponible en raison d’une défaillance technique», note le ministre.
De plus, la direction des moyens logistiques du CGDIS met à disposition une réserve supplémentaire de véhicules qui peut être utilisée pendant les réparations ou défaillances techniques, et l’Institut national de formation des secours (INFS) dispose de quelques véhicules-écoles.
Du côté de Pétange et de ses environs, environ 10 ambulances sont opérationnelles dans la zone sud et sont prioritairement disponibles. «La couverture du pays est depuis lors garantie par le délai d’intervention. C’est donc toujours l’ambulance la plus proche du lieu d’intervention et disponible à ce moment-là qui est sollicitée», indique Léon Gloden. En cas de besoin, des ambulances des autres zones peuvent être déployées même au-delà des frontières dans le cadre d’accords bilatéraux et européens.