Le Plan d’action pour la flore ségétale au Luxembourg a été présenté ce lundi à Kopstal pour favoriser les fleurs sauvages, garantes méconnues de la protection des sols, de l’eau et du climat.
La flore ségétale, ou messicole, est constituée des fleurs sauvages qui poussent spontanément dans les champs cultivés. De la mauvaise graine? D’après le Syndicat intercommunal pour la conservation de la nature (Sicona), elles ne rentrent pas en concurrence avec les cultures, ne perturbent pas le rendement des récoltes et jouent un rôle «souvent sous-estimé pour la biodiversité et la stabilité des écosystèmes agricoles». En effet, ces prétendues mauvaises herbes fournissent du nectar et du pollen, constituent une source de nourriture pour les oiseaux et les insectes, préservent les sols de l’érosion et contribuent même à contrôler les parasites.
Pourtant, les fleurs de champ sont menacées. Sur les 209 espèces recensées au Luxembourg, 92 figurent actuellement sur la liste rouge et 26 d’entre elles ont d’ores et déjà disparu. L’agriculture intensive, mais aussi l’utilisation d’herbicides, a conduit au déclin de nombreuses herbes sauvages : bleuets et coquelicots sont de plus en plus rares à trouver. C’est pourquoi le ministère de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité a présenté un grand plan d’action de 88 recommandations, dans le cadre du troisième Plan national de protection de la nature (PNP 3) 2023-2030. Décliné pour atteindre 10 objectifs, de la préservation des terres agricoles riches en fleurs sauvages à leur multiplication, en passant par une politique de subventions pour lutter contre les plantes indésirables ou le développement de l’agriculture biologique, le plan d’action présenté par le ministre Serge Wilmes s’appuie notamment sur la sensibilisation auprès des agriculteurs comme du grand public.
Il s’agit de redonner ses lettres de noblesse à cette flore méconnue et parfois méprisée, alors qu’elle est un indicateur positif du bilan nutritif et hydrique de nos terres arables, dont 44 % sont consacrées à la culture des céréales. Au-delà de cette plus-value pour la biodiversité, le programme prévoit aussi de «mettre en avant la beauté de l’habitat» que constituent les fleurs sauvages des champs luxembourgeois, véritable «trésor de notre paysage culturel». Le plan d’action entend qu’elles reprennent racine dans la politique environnementale.

Un paysage bucolique, à l’image des tableaux de Monet, qui pourrait disparaître.