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Un répit pour l’agriculture

La Foire agricole, avec ses 45 000 visiteurs, constitue l’évènement incontournable de l’agriculture luxembourgeoise (lire en page 5). L’ambiance y est toujours festive. Producteurs et autres professionnels du secteur y présentent avec fierté leur savoir-faire tout en faisant découvrir leur métier. La foire remplit également une importante mission pédagogique. Les nombreuses familles qui parcourent chaque premier week-end de juillet le site de 10 hectares permettent aux plus jeunes de mieux comprendre le rôle essentiel de l’agriculture dans notre alimentation. Pour reprendre un cliché : non, le lait ou la viande ne viennent pas du supermarché. Ils sont le fruit d’un dur labeur dans les exploitations agricoles.
Une fois la foire démontée, la dure réalité rattrapera les quelque 1 800 exploitations agricoles que compte encore le Luxembourg. L’annonce, fin mai, de la décision d’Ekabe, la laiterie d’Eschweiler appartenant au groupe français Lactalis, de cesser la transformation du lait luxembourgeois au 1er avril 2027, a bouleversé tout un secteur. Près de 70 producteurs laitiers se retrouvent au bord du gouffre. Les acteurs concernés s’activent pour trouver d’autres laiteries capables de reprendre les 54 millions de litres de lait livrés chaque année par Prolek à Ekabe, soit 10 à 15 % de la production laitière nationale. Luxlait se dit prête à apporter son aide, tout en refusant de faire de «fausses promesses». Samedi, à la Foire agricole, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a évoqué de possibles aides financières en faveur des exploitants concernés.
La filière laitière n’est pas la seule à souffrir. La perspective d’une baisse du budget de la prochaine politique agricole commune (PAC) inquiète également les agriculteurs. Les prix payés aux producteurs restent trop faibles, tandis que la charge administrative est toujours jugée trop importante. Le renouvellement des générations constitue un autre défi majeur. Au moins, la Chambre d’agriculture, présente à la table de la tripartite, a obtenu des allègements sur les coûts de l’énergie. Un simple répit, certes, mais aussi le signal que le gouvernement n’est pas prêt à abandonner le secteur agricole, crucial pour renforcer l’autonomie alimentaire du pays.

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