Après avoir annoncé la fermeture de son usine de Longlaville, en Meurthe-et-Moselle, le groupe thaïlandais a fait savoir qu’il comptait aussi quitter le Grand-Duché, laissant sur le carreau près d’une centaine de salariés.
C’est une décision «brutale» pour les syndicats. Indorama Ventures a annoncé, à l’issue d’une procédure d’information ce mardi 30 juin, la fermeture de son site de Steinfort et le lancement d’une procédure de licenciement collectif. L’usine était spécialisée dans la fabrication de fils, de cordons et de tissus techniques pour les industries du caoutchouc.
Cette décision intervient quelques mois après l’annonce de la fermeture du site de Longlaville, en Meurthe-et-Moselle, dont la production s’est définitivement arrêtée la semaine dernière. Par un effet domino, l’usine luxembourgeoise a été directement fragilisée puisque le site français fournissait les produits intermédiaires nécessaires à son activité. Steinfort était également fortement dépendant d’un client unique, représentant une part prépondérante des volumes de production.
Pour l’OGBL et le LCGB, cette décision est «totalement inacceptable», en particulier au vu du chiffre d’affaires du groupe thaïlandais qui s’élève à près de 12 milliards d’euros. «Au-delà du drame humain pour les salariés concernés et leurs proches, la volonté affichée par le groupe Indorama de fermer le site de Steinfort constitue un événement exceptionnel et extrêmement préoccupant pour l’ensemble du secteur industriel luxembourgeois», affirment les syndicats. Ils rappellent que, depuis l’arrêt du site TDK en 2007, le Luxembourg n’a plus connu de fermeture de site industriel d’une telle ampleur.
Des actions syndicales prévues
«Les salariés d’Indorama ont toujours fait preuve d’un engagement, d’une compétence et d’une flexibilité exemplaires, ajoutent les représentants du personnel. Ils ont accompagné les changements demandés par l’entreprise et ont constamment rempli leurs obligations.» Dans ce contexte, les organisations syndicales s’interrogent sur les mesures qui ont été prises au cours des dernières années afin de diversifier les activités, développer de nouveaux marchés, obtenir de nouvelles certifications et réduire la dépendance vis-à-vis de ce client unique.
«Pour l’OGBL et le LCGB, il n’est pas acceptable qu’une fermeture soit présentée comme une fatalité sans que toutes les alternatives industrielles permettant de préserver l’activité et l’emploi n’aient été sérieusement explorées.» Rappelant que le modèle luxembourgeois repose sur le dialogue social, la recherche de solutions et la préservation de l’emploi industriel, les syndicats ne comprennent pas comment une décision «aussi lourde de conséquences» peut être annoncée sans «véritable réflexion sur l’avenir industriel du site» avec les acteurs concernés.
Les deux organisations ont d’ores et déjà demandé une réunion d’urgence avec le ministre de
l’Économie, Lex Delles, ainsi qu’avec le ministre du Travail, Marc Spautz, afin d’examiner toutes les pistes permettant de préserver une activité industrielle sur le site et de sauvegarder les emplois. Les syndicats demandent également la mise en place d’une cellule de reclassement et de reconversion, telle qu’elle est prévue dans l’accord tripartite du 8 juin 2026.
«L’OGBL et le LCGB utiliseront tous les moyens syndicaux à leur disposition afin de défendre les intérêts des salariés.» Des assemblées du personnel ainsi que différentes actions syndicales seront donc organisées dans les prochains jours.