La retraite, l'État y pense pour des raisons budgétaires. Les jeunes actifs rarement. Ceux qui s'en approchent l'espèrent autant qu'ils la redoutent. Dans cette série, des pensionnés du pays racontent leur retraite, pour dépasser les clichés.
Aujourd’hui, direction la maison de retraite Grand-Duc-Jean de Dudelange. C’est là que vit désormais, depuis le mois d'avril, Nelly Schon-Rausch. Après dix années de veuvage, cette mère, grand-mère et arrière-grand-mère a choisi de s’y installer. Un choix qu’elle n’a jamais vécu comme une rupture. Peut-être parce que cela faisait déjà 25 ans qu’elle y consacrait une partie de son temps comme bénévole.
Quel âge avez-vous et quel a été votre parcours?
Nelly Schon-Rausch : J’ai 80 ans. Je suis née le 2 octobre 1945 dans le nord du pays. Je suis arrivée à Dudelange à l’âge de 15 mois lorsque ma mère et moi avons rejoint mon père, qui travaillait déjà à l’usine. J’ai suivi une formation de secrétaire et j’ai travaillé trois ans à la Chambre de commerce. J’aimais beaucoup ce travail. Puis je me suis mariée à 20 ans. À l’époque, les choses étaient différentes. Mon beau-père vivait avec nous et estimait qu’une femme devait rester à la maison pour élever ses enfants. J’ai donc arrêté de travailler. J’ai eu ma fille à 22 ans puis mon fils 15 mois plus tard. Je ...
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