L’Observatoire de la santé a publié, ce mardi, la Carte sanitaire 2025 avec, pour la première fois, un panorama détaillé des services d’urgence du Grand-Duché.
Plus de monde et plus de demandes de soins des assurés non-résidents : voici les deux facteurs auxquels a dû faire face le secteur hospitalier luxembourgeois en 2024. Ce mardi, l’Observatoire de la santé a publié l’édition 2025 de sa Carte sanitaire. Un document qui revient en détail sur les ressources structurelles et leur organisation ainsi que sur les activités et les taux d’utilisation. Et pour la toute première fois, ce rapport donne à voir une vue d’ensemble des services d’urgence du pays.
En pleine expansion
En 2025, au Grand-Duché, on dénombre dix hôpitaux, dont quatre centres hospitaliers répartis sur onze sites, incluant deux sites ambulatoires, et six établissements hospitaliers spécialisés, ainsi qu’un établissement d’accueil pour personnes en fin de vie, un établissement pour cures thermales et un centre de diagnostic.
Pour absorber le nombre de patients, 2 686 lits hospitaliers étaient disponibles à travers le pays, soit 3,9 lits hospitaliers pour 1 000 habitants. En 2026, cette capacité sera revue à la hausse avec un nombre maximal de lits autorisables porté de 3 153 (en 2024) à 3 545. Une révision permise grâce aux récentes évolutions législatives et qui offre une marge de 859 lits pouvant être exploités.
Près de 269 000 passages aux urgences
En 2024, les services d’urgence ont enregistré 268 683 passages, soit une moyenne de 734 passages par jour. Les premiers utilisateurs des urgences sont les enfants et les personnes âgées. Les patients pédiatriques (jusqu’à 18 ans) représentent 28,6 % des passages et les personnes de 75 ans et plus, 10,1 %. Les frontaliers correspondent à 13,2 % des passages en 2024.
Les urgences connaissent un pic de fréquentation le lundi et, à l’inverse, c’est le dimanche que le service est le moins visité. Le rapport montre des différences entre adultes et enfants. Les premiers s’y rendent plutôt en début de semaine, tandis que les plus jeunes y vont davantage durant le week-end. Les admissions sont les plus fréquentes entre 7 h et 12 h (45,5 admissions par heure et par jour en moyenne) et diminuent progressivement au cours de la journée et de la nuit, atteignant leur niveau le plus faible entre 22 h et 7 h (10,9 admissions par heure et par jour).
Les patients correspondant aux urgences vitales nécessitant une prise en charge immédiate enregistrent un délai moyen de 18 minutes avant le premier contact médical. Un chiffre à nuancer, car les établissements hospitaliers précisent que l’enregistrement administratif est souvent réalisé a posteriori dans ces situations critiques. Pour le niveau 2 (urgences importantes), le délai moyen se limite à 15 minutes.
La situation se dégrade pour les patients atteints de problèmes moins aigus. Le niveau 3 enregistre un délai moyen de 70 minutes, tandis que les niveaux 4 et 5 atteignent respectivement 88 et 84 minutes.
L’afflux croissant des patients non-résidents
Selon la carte sanitaire, en 2023, les non-résidents représentent 10,4 % du total des séjours hospitaliers. Ils franchissent la frontière principalement pour les prises en charge liées à la grossesse, à l’accouchement et à la puerpéralité (17,7 % des séjours en 2023), mais aussi pour les affections du système musculo-squelettique et du tissu conjonctif (12,2 % des séjours en 2023). Ce sont principalement les patients français qui sont hospitalisés au Grand-Duché.
L’imagerie médicale en progression constante
Entre 2023 et 2025, l’imagerie médicale a continué de progresser. Du côté des mammographies, l’élargissement du programme de dépistage organisé du cancer du sein a porté ses fruits avec une hausse du nombre d’examens (+26 %), sans dégradation des délais d’attente.
Le volume d’examens IRM a également progressé (+27,2 %) dans l’ensemble du pays, notamment dans le Nord à la suite de l’ouverture d’un nouvel équipement à Wiltz. De 2023 à 2025, le nombre d’examens IRM par habitant a progressé plus rapidement que celui des examens CT (scanner). Le Luxembourg demeure le pays européen présentant le recours aux examens CT le plus élevé par habitant, avec des niveaux particulièrement importants dans le canton d’Esch-sur-Alzette.