Il y a deux semaines, 5 000 personnes prenaient le départ de la Thionvilloise, ce qui montre à quel point la prévention du cancer du sein est un sujet important. Et pourtant, obtenir un rendez-vous pour une simple mammographie de dépistage reste une démarche qui vire au casse-tête dans l’agglomération thionvilloise.
Les messages de prévention sont partout : sur les affiches dans l’espace public, au mur des cabinets médicaux, dans la plupart des pharmacies…
Et si jamais vous n’y prêtez pas attention, un courrier de l’Assurance Maladie arrive directement dans votre boîte aux lettres lorsque vous atteignez 50 ans afin de vous inviter à participer au dépistage du cancer du sein.
En France, 61 000 femmes apprennent chaque année qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein et 12 000 en meurent encore. C’est dire l’importance du dépistage précoce. Pour ce faire, la mammographie reste l’examen de référence, mais encore faut-il décrocher un rendez-vous. C’est là que les choses se corsent.
Dans l’agglomération thionvilloise, prendre un rendez-vous pour une mammographie relève du parcours du combattant.
Premier conseil : oubliez le téléphone puisque les secrétariats ne parviennent pas à absorber tous les appels tant il y en a. Voilà qui dessine une tendance. Reste internet, où la prise de rendez-vous est certes facilitée mais pas magique.
Une veille quotidienne
«Les plannings sont faits à l’avance pour quelques semaines, voire un mois maximum, mais on ne sait jamais à quel moment des créneaux vont s’ouvrir. C’est en fonction de la charge de travail des radiologues. Et quand des créneaux s’ouvrent, ils partent très rapidement.
En fait, il faut regarder tous les jours. Obtenir un rendez-vous, ça devient un coup de chance», admet le secrétariat du réseau Imagerie 57, présent à Thionville, Terville et Hayange.
L’explication est simple : un bassin de population très dense, avec un nombre de patientes qui s’accroît, mais en face des moyens qui ne suivent pas.
«Deux radiologues sont partis à la retraite, il en reste trois. Ils font le maximum», reprend la secrétaire. Les urgences hors dépistage organisé? «On essaie de les intercaler», mais rien n’est acquis.
Au centre-ville, le cabinet République est complet jusqu’en novembre. Et le secrétariat n’est plus en mesure d’accorder de rendez-vous au-delà.
Aller plus loin
La solution est bien évidemment d’élargir son périmètre de recherche. Dans la vallée de l’Orne, il existe un réseau de radiologues plus étoffé, avec davantage de possibilités de rendez-vous, mais ici aussi, les délais s’allongent au fur et à mesure des reports.
Plus généralement, les grandes villes offrent davantage de créneaux dans des délais acceptables. À Metz, il est parfois possible d’obtenir un rendez-vous en moins d’une semaine et au CHU de Nancy le délai se limite à quelques jours.
Avec la CPTS, 4 à 5 mois d’attente pour un dépistage
Marre d’attendre qu’un créneau se libère? De devoir scruter chaque matin les sites des différents cabinets de radiologie? Sachez que la Communauté professionnelle territoriale de santé de Thionville-Est (CPTS) peut faciliter la prise d’un rendez-vous pour une mammographie. Dans une certaine proportion certes, mais c’est déjà mieux que rien.
«Nous avons un partenariat avec le centre de mammographie de Terville qui nous octroie dix places par mois dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein», confirme Laura Faggiano, coordinatrice de la CPTS.
En 2025, 250 patientes ont ainsi bénéficié d’une mammographie grâce à l’intermédiaire de la CPTS, dont 40 en urgence. Depuis le début de l’année, plus de 250 patientes se sont manifestées auprès de la structure. «On a un délai d’attente de quatre, cinq mois, ce qui reste raisonnable. À un moment donné, on parlait de plus d’une année à Thionville, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui», reprend la coordinatrice.
Le Républicain lorrain