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[Les petites histoires de Luxexpo] Le cas Offspring


L’Open-Air 2026 démarre le 1er juillet. Sept concerts, sept artistes et autant d’anecdotes. Aujourd’hui, The Offspring ou la mort du grunge. 

Parfois, la réussite d’un artiste ou d’un album ne tient à pas grand-chose. Une bonne idée. Un coup de bol. Et parfois, une simple question de timing, à l’instar de l’histoire de Darby Crash, chanteur de The Germs et étoile filante du punk qui, décidé d’inscrire son nom dans la postérité, s’est suicidé le 7 décembre 1980… la veille de l’assassinat de John Lennon. Ballot.

La tragédie qui arriva le 8 avril 1994 est elle moins calculée : Kurt Cobain, icône du grunge et star de Nirvana, est retrouvé mort chez lui par un électricien venu poser un système d’alarme. À des milliers de kilomètres de là, dans un festival en Alaska, le groupe californien The Offspring apprend la nouvelle, dans un mélange de tristesse et d’inquiétude. Et pour cause : son troisième album, Smash, sort à peine du pressage. 

Pour mémoire, voilà déjà dix ans que le quatuor s’est fait les dents depuis le comté d’Orange, où la musique se pratique sur le même rythme frénétique que le skateboard. Et depuis deux ans, il s’est forgé une belle réputation à la suite de la sortie d’Ignition, disque produit par Thom Wilson, ancien collaborateur des Dead Kennedys, d’où ce son puissant à la croisée du punk et du metal (avec quelques touches de guitare surf dedans).

De ce succès modeste (500 000 albums vendus), il espère en écouler le triple avec cette suite qui, au final, va cartonner et se répandre à des millions d’exemplaires (dix pour être exact). Ce sera même là le plus gros succès commercial pour un groupe distribué par un label indépendant (en l’occurrence, Epitaph).

Morceaux porteurs

La raison? Musicalement, Smash secoue l’auditeur par sa fraîcheur, aux influences ska et rap. Et sans se répandre dans la presse, la bande à Dexter Holland laisse la machine s’emballer grâce à ses morceaux porteurs comme Gotta Get Away, Self Esteem et encore Come Out and Play, avec cette phrase répétée jusqu’à l’entêtement («You gotta keep ’em separated»).

Comme Green Day deux mois auparavant avec Dookie, The Offspring va surfer la mort du grunge et son prophète. Nirvana avait ouvert la voie, prouvant malgré lui que le punk-rock pouvait être «mainstream», et certains vont prendre le relais pour le rendre plus pop encore la décennie suivante (Blink 182, Sum 41, Rancid).

Les adolescent(e), toujours en quête d’idoles, auront eux trouvé un autre moyen d’exorciser leur malaise, dans une énorme fête. Dans de telles circonstances, les larmes ne durant jamais bien longtemps.

The Offspring. Le 1er juillet (Luxexpo Open-Air)

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