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[Musique] Reis Demuth Wiltgen : «Cet album, il ne ressemble à rien d’autre»


Photo : alfonso salgueiro

Le trio Reis Demuth Wiltgen donne de la grandeur à son jazz en s’associant au Luxembourg Philharmonic, sous l’expertise de Vince Mendoza et l’appui du saxophoniste Joshua Redman. Un disque qui sort ce vendredi en témoigne. Rencontre.

Ils sont connus sous l’acronyme RDW. Michel Reis (piano), Marc Demuth (basse) et Paul Wiltgen (batterie), trio de jazz à l’ADN singulier et à la réputation acquise, monte encore en gamme avec Freedom Trail, cinquième disque qui joue des épaules avec un casting XXL. À ses côtés, en effet, on trouve le saxophoniste-complice Joshua Redman et les soixante-dix membres du Luxembourg Philharmonic, dirigé par Vince Mendoza, compositeur, chef d’orchestre et arrangeur aux sept Grammy Awards. Un disque ambitieux qui, s’il s’est patiemment construit depuis 2018, n’a rien de ronflant. Confidences.

 

Régulièrement, les artistes jazz aiment se rapprocher de ceux du classique. Comment l’expliquez-vous?

Paul Wiltgen : Ce n’est pas forcément un rapprochement avec la musique classique mais plutôt avec les sons de l’orchestre. Ceux des cordes, des cuivres… C’est leurs couleurs qui sont recherchées.

 

Marc Demuth : Dans notre cas, on peut parler de plus-value car au final, notre style ne change pas. Certains artistes vont plus volontiers aller vers le classique, s’y perdre, s’y mêler. Nous, on y a juste gagné en richesse.

 

Michel Reis : C’est vrai, l’énergie du trio est restée. Et c’est aussi une question de dialogue : parfois, l’orchestre ne joue pas du tout, parfois, il prend toute la place.

Quelle a été la genèse de ce rapprochement?

P.W. : Ça s’est fait naturellement, en plusieurs étapes. Il y a d’abord eu la rencontre avec le saxophoniste Joshua Redman en 2014, puis un premier concert avec lui, en quatuor, en 2016. Comme le feeling passait bien, on a enchainé avec une tournée deux ans plus tard, avec notamment un concert avec le Luxembourg Philharmonic (anciennement OPL). La Philharmonie était pleine. D’emblée, on s’est dit : «Il faut qu’on immortalise cette ...


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