De retour pour une 26e édition qui donnera son coup d’envoi le 12 juin, la fête de la Musique va investir la moitié sud du pays avec pas moins de 300 concerts répartis sur dix jours, avec quelques nouveautés et surprises dans le lot. Tour d’horizon.
Une ouverture en fanfare
De la musique et des croissants : quoi de plus naturel que de démarrer les festivités dès le petit matin du 12 juin à la gare de Luxembourg, point incontournable où transitent quotidiennement plus de 85 000 personnes? Comme à son habitude, la fête de la Musique s’emparera de la capitale pour sa journée inaugurale : une façon de donner, plus qu’un simple aperçu, un véritable concentré de tout ce que l’évènement a à offrir, avec pas moins de 14 scènes réparties dans le centre-ville.
Autant dire qu’il y en aura pour tous les goûts : certaines scènes choisissent ainsi l’éclectisme, à l’instar des concerts devant la Gëlle Fra (où se succèderont par exemple la mélancolie guitare-voix de Luca de Dios et la drum and bass de Chainsmokerz) ou ceux de la place Guillaume-II (avec le rock psyché de Kerala Dust, les inclassables Sheebaba et la pop cinématographique de Ninon). D’autres lieux préfèrent coller aux genres : pop (Emily Grogan, Tuys ou la sensation suédoise Boko Yout sur la Gudde Wëllen Stage), blues (Sven Sauber ou Kid Colling au Rocas Café), metal (Waffle Killers, Desdemonia ou Toxkäpp au Rock Solid), mais encore des scènes rap, electro… Sans oublier que les différentes fanfares venues de tout le pays, dont la présence immanquable est une grande tradition de la fête de la musique, prendront le relais pour la suite et fin de ce week-end inaugural dans la capitale.
Jamais à court de nouveautés
Après un quart de siècle d’existence, les habitudes de la fête de la musique sont devenues immuables. Ce qui n’empêche pas ses organisateurs d’avoir toujours plus de suite dans les idées. Cette 26e édition sera donc aussi l’occasion d’expérimenter des nouveautés, comme la création de labels destinés à reconnaître les lieux qui s’engagent en faveur de la durabilité ou de l’inclusivité, ou à mettre en avant les jeunes talents sur des scènes dédiées.
Comme cela a été le cas lors des éditions précédentes, la nouveauté vient aussi des nouveaux lieux et organisateurs qui rejoignent la fête, au nombre de cinq cette année. Ainsi, la commune de Mersch marque le coup avec, pour sa première participation, les 20 et 21 juin, deux jours de concerts 100 % «all-star» luxembourgeois (Tuys, Seed to Tree, Francis of Delirium, Hunneg-Strëpp…), tandis que le Bâtiment 4 d’Esch-sur-Alzette déboule dans l’évènement le 20 juin avec un concept innovant : un atelier de création d’instruments inspirés de la tradition égyptienne, qui serviront ensuite à un concert que l’on peut d’ores et déjà qualifier d’unique.
Têtes d’affiche et surprises bien gardées
Les programmes de qualité des années précédentes nous y ont habitué : ce que l’on attend d’un tel évènement, c’est l’occasion d’y faire de belles découvertes, mais aussi d’y voir quelques têtes d’affiche, si possible inattendues. Ce sera notamment le cas à Kayl-Tétange, le 21 juin, pour une soirée sous le signe du rock qui gronde : au programme, deux incontournables de la scène nationale, avec No Metal in This Battle, apôtres d’un math rock aux influences multiples, et Francis of Delirium, qui jouera l’un de ses premiers concerts après la sortie de Run, Run Pure Beauty, deuxième album du projet emmené par Jana Bahrich. Le programme est alléchant, mais jusque-là pas surprenant. Ajoutons alors que la soirée finira en apothéose avec le retour surprise d’Eternal Tango, formation culte de l’alt-rock luxembourgeois séparée depuis 2012 (elle n’a rejoué ensemble qu’une fois depuis, en 2019, pour la dernière édition du festival Food for Your Senses). Avis aux amateurs.
À Dudelange, on tourne toute l’année au rythme de la musique. Mais on la vit plus encore quand c’est sa fête, puisque la Forge du Sud en a fait l’évènement phare de son agenda culturel depuis plus de 30 ans. Cette année encore, donc, treize scènes s’y installeront les 19 et 20 juin pour représenter autant de genres musicaux différents, avec une soixantaine de concerts au total, du folk-pop de l’Irlandais Gavin James au «sexyrock» des Allemands de Crimson Bloom. Mais Dudelange sait garder ses secrets : pour découvrir qui sera la mystérieuse tête d’affiche internationale qui doit clore la fête en beauté, il n’y a pas d’autre solution que de s’y rendre.
«La vraie nouveauté, c’est l’inclusivité»
Vanessa Cum, coordinatrice culturelle de la Ville de Luxembourg, répète que l’objectif majeur d’un tel évènement est de «rendre la musique accessible à tous». Mais «l’accessibilité ne se résume pas à faire venir un public devant une scène» : «La vraie nouveauté, c’est l’accent mis sur l’inclusivité», indique ainsi l’organisatrice. Cette 26e édition a été organisée avec l’aide et «les conseils» de l’ASBL Info-Handicap, qui est d’ores et déjà sûre de «poursuivre cette collaboration dans les années à venir». Parmi les lieux ayant obtenu le label «Accessibility» (qui signale les scènes les mieux adaptées aux personnes à mobilité réduite ou ayant des besoins spécifiques), la commune d’Ell organise une grande journée de concerts le 21 juin, avec traductions en chansigne.
Lieu plutôt inattendu pour un concert, le Rehazenter du Kirchberg accueille un évènement organisé par la Fondation EME : un groupe de musique monté pour l’occasion, mêlant des artistes confirmés (le musicien pop Josh Island, le guitariste Pedro Cardoso…) et des patients du centre de rééducation. Pour son unique représentation le 21 juin à 15 h, le projet, naturellement nommé One Shot, montrera qu’il a été «fait avec le cœur».
La fête de la Musique en chiffres
10 jours de fête
300 concerts
20 communes participantes
32 organisateurs
5 nouveaux lieux
Du 12 au 21 juin.
www.fetedelamusique.lu