MUSÉE Nouvelle étoile de sa constellation internationale, le Centre Pompidou ouvre jeudi à Séoul sa troisième antenne à l’étranger avec une exposition inaugurale sur le cubisme.
Le Centre Pompidou Hanwha, fruit d’un partenariat avec le conglomérat sud-coréen du même nom, s’installe dans l’annexe de l’emblématique 63 Building à Yeouido, quartier financier de Séoul, pour une ouverture au public coïncidant avec le 140e anniversaire du traité d’amitié franco-coréen. Décrit comme une «boîte à lumière» par son architecte, le Français Jean-Michel Wilmotte, le Centre Pompidou Hanwha accueillera chaque année derrière sa façade en verre translucide deux grandes expositions fondées sur les collections moderne et contemporaine du musée parisien.
Déployée sur 3 000 mètres carrés, l’exposition inaugurale, «Les Cubistes : inventer la vision moderne» s’articule autour d’une muséographie aux courbes en béton brut. Ce parcours, à la fois chronologique et thématique, rassemble 91 œuvres de 43 artistes. «Je crois pouvoir dire que c’est la principale exposition cubiste en Asie de ces 50 dernières années», s’est félicité le président du Centre Pompidou, Laurent Le Bon. Elle retrace les premières expérimentations de Pablo Picasso et Georges Braque au début du XXe siècle en France, suivies notamment par les œuvres de Fernand Léger, Juan Gris ou Robert Delaunay, qui illustrent la diffusion de ce courant et ses déclinaisons d’après-guerre.
Partenaires et détracteurs
«Le choix de Séoul comme ville partenaire n’est pas anodin car l’offre muséale et culturelle en République de Corée, et en particulier dans sa capitale (…), n’a cessé de croître et de se diversifier dans la dernière décennie», explique le Centre Pompidou Hanwha dans un communiqué. «Il ne s’agit pas simplement d’un lieu d’exposition ou d’une extension de marque étrangère, mais d’un partenariat institutionnel et culturel à long terme entre la France et la Corée», estime So-jung Trinity Park, directrice de la galerie The Trinity à Séoul.
Néanmoins, en France, des voix s’élèvent pour dénoncer le partenariat avec la fondation culturelle du groupe Hanwha, acteur majeur des systèmes de défense. Les détracteurs l’accusent d’être impliqué dans la production et la fourniture d’équipements militaires utilisés par Israël, remettant en cause la légitimité d’un mécénat lié à un marchand d’armes.
L’ouverture de ce centre marque l’achèvement de la troisième antenne du Centre Pompidou à l’étranger, après Malaga en Espagne et Shanghai en Chine. Le déploiement international du musée parisien se poursuivra dès le mois de novembre avec l’ouverture attendue, à Bruxelles, de sa nouvelle branche européenne.