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Arrêtée au Portugal, une Russe accusée de proxénétisme au Luxembourg


La prévenue aurait amassé plus de 500 000 euros en exploitant une quarantaine de femmes. (Photo d'illustration : archives editpress/fabrizio pizzolante)

Après l’extradition par le Portugal de la femme accusée d’être à la tête d’un réseau de prostitution au Luxembourg, le parquet apporte ses précisions glaçantes.

Relayée d’abord dans la presse portugaise, l’arrestation d’une femme faisant l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par les autorités judiciaires luxembourgeoises n’était pas passée inaperçue au Grand-Duché.

Jusqu’à présent, le parquet de Luxembourg n’avait pas communiqué publiquement sur ce dossier, afin de ne pas porter atteinte au bon déroulement de l’enquête. Mais dès lors que la prévenue a désormais été extradée vers le Grand-Duché, entendue par les enquêteurs de la police judiciaire luxembourgeoise et présentée à un juge d’instruction qui a procédé à son inculpation et décerné un mandat de dépôt à son encontre, des précisions peuvent être apportées.

L’enquête porte notamment sur des faits présumés de participation à une organisation criminelle, de traite des êtres humains, de proxénétisme aggravé et de blanchiment d’argent. Selon les éléments actuellement recueillis dans le cadre de l’instruction, la personne mise en cause, une femme russe âgée de 43 ans, est soupçonnée d’avoir dirigé, entre 2020 et 2026, un réseau structuré de prostitution et d’escorting opérant sur le territoire luxembourgeois.

40 femmes exploitées depuis 6 ans

Elle aurait recruté, notamment par l’intermédiaire de sites internet, une quarantaine de femmes, principalement de nationalité ukrainienne et russe, à des fins de prostitution au Luxembourg. Les victimes présumées auraient été amenées à fournir des prestations sexuelles dans différents appartements et chambres d’hôtel, les revenus générés devant ensuite être partiellement reversés à l’organisation.

Les investigations financières actuellement en cours laissent supposer que les profits retirés de ces activités illicites pourraient «dépasser de loin le demi-million d’euros». Le parquet tient à souligner que les infractions liées à la traite des êtres humains et à l’exploitation de la prostitution constituent une forme particulièrement grave de criminalité organisée. Derrière les qualifications pénales se trouvent avant tout des réalités humaines particulièrement lourdes, marquées par des situations de vulnérabilité, d’emprise et d’exploitation de personnes fragilisées.

La traite des êtres humains demeure un phénomène criminel préoccupant au niveau européen et international. Les réseaux impliqués exploitent fréquemment la précarité, l’isolement ou encore la détresse de personnes vulnérables afin d’en tirer un profit financier considérable.

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