[Ligue des champions, finale] Pep Guardiola et ses disciples… La finale de la C1 va opposer Mikel Arteta à Luis Enrique et consacrer une domination absolue des coaches ibériques en Europe.
Plus que jamais, plus encore qu’au début des années 2010, l’âge d’or de la «Roja» et du FC Barcelone, le football européen a pris au cours des deux dernières années un accent espagnol. Et une statistique marquante le prouve. Quatre des six entraîneurs en finale de Coupes d’Europe (C1, C3, C4) sont espagnols : Luis Enrique (PSG), Mikel Arteta (Arsenal), Unaï Emery (Aston Villa), Inigo Pérez (Rayo Vallecano). Six sur huit, même, si l’on inclut la Ligue des champions féminine.
Et l’Espagne, entraînée par l’expérimenté Luis De la Fuente, est également championne d’Europe en titre et vise un nouveau doublé Euro-Coupe du monde cet été.
«Il y a des entraîneurs et des joueurs espagnols qui dominent partout dans le monde. Je crois que cela démontre le succès de l’approche que l’on tient de notre cher Luis Aragonés (ex-sélectionneur espagnol) qui a transformé l’Espagne en une équipe de joueurs petits mais bourrés de qualités et qui joue bien au football», explique Luis Enrique.
Même avec des approches différentes, et moins stéréotypées, les coachs espagnols actuels s’inscrivent tous dans cette même idée collective de domination avec le ballon et de récupération haute, enseignée depuis des années par la fédération espagnole aux différentes générations d’entraîneurs de toutes les catégories.
«Ce style est davantage admiré qu’aimé»
L’actuel sélectionneur espagnol, Luis De la Fuente, a d’ailleurs passé plus de temps à former et à enseigner au sein de la RFEF qu’à entraîner lui-même.
Et aujourd’hui, toute une génération (Arteta, Emery, Iraola, Alonso) suivant les pas de Pep Guardiola, premier à parvenir à imposer l’idée de jeu espagnol en Premier League, contribuent à transformer l’identité du foot anglais, réputé bien plus physique et intense que ses voisins.
«Le secret, c’est que dans un sport collectif, il faut comprendre pourquoi les choses se produisent. Les entraîneurs espagnols travaillent très bien pour comprendre le jeu», déclarait Guardiola en 2024 aux chaînes officielles de Manchester City.
«Je pense que les avis restent partagés sur le « style espagnol ». Il est davantage admiré qu’aimé», estime John Williams, professeur de sociologie à l’université de Leicester et auteur du livre «Football in Wind and Rain» (Le football dans le vent et la pluie). «Les Britanniques aiment la verticalité et l’action, et cela ne colle pas toujours avec l’approche espagnole. Manchester City a pratiqué un football magnifique avec Pep, mais où étaient le cœur, le combat?», demande-t-il.
La saison prochaine, Guardiola ne sera plus là, mais il laissera derrière lui un foot anglais durablement métamorphosé, et des disciples déjà prêts à régner.