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Un dissident chinois réussit à s’enfuir


Le régime dictatorial de Xi a incarcéré à plusieurs reprises le militant Dong Guangping. (Photo : afp)

Un défenseur chinois des droits humains a fui son pays et a réussi à rallier la Corée du sud à bord d’un canot pneumatique.

Dong Guangping, défenseur chinois des droits humains emprisonné à plusieurs reprises par Pékin, a fui la Chine à bord d’un canot pneumatique et rejoint les côtes de Corée du Sud où il a été interpellé, a indiqué mercredi son avocat. Dong Guangping, 68 ans, a été repéré lundi soir par les forces sud-coréennes alors qu’il dérivait au large de la côte ouest du pays sur un canot pneumatique de 3,3 mètres équipé d’un moteur de 9,9 chevaux, a indiqué la police. Il a été conduit en territoire sud-coréen pour y être interrogé, soupçonné d’avoir enfreint les lois sur l’immigration.

Son avocat sud-coréen, Kim Joo-kwang, a confirmé son identité à l’AFP, sans livrer de détails sur cette périlleuse traversée. Il a ajouté que son client était «très probablement (en situation) de demande d’asile politique». Dong Guangping, ex-policier, est connu pour son opposition au Parti communiste chinois et pour son plaidoyer en faveur de réformes politiques et des droits humains. Il avait été renvoyé de la police après avoir signé une pétition dix ans après la répression du mouvement prodémocratique de la place Tiananmen à Pékin en 1989, selon Human Rights in China, ONG basée aux États-Unis.

Il a passé environ trois ans en prison à partir de 2001 pour «incitation à la subversion du pouvoir d’État», selon un rapport d’experts de l’ONU publié en 2022. Il a été à nouveau détenu en 2014 pour des activités liées à la mémoire de Tiananmen. Il avait fui en Thaïlande avec sa famille, laquelle s’est ensuite installée au Canada avec le statut de réfugiés. Mais Dong, lui, avait été remis à la police chinoise en 2015 par les autorités thaïlandaises, bien que reconnu comme réfugié par l’ONU.

Il avait été libéré de prison après avoir purgé sa peine en 2019. Mais confronté à une surveillance policière constante, au harcèlement et en manque de logement, de travail et de ressources financières, il souhaitait fuir à nouveau pour tenter de rejoindre sa famille, selon les experts onusiens.

Dong Guangping avait échoué plusieurs fois à quitter la Chine. En 2019, il avait essayé de rejoindre à la nage l’archipel de Kinmen, territoire taïwanais au large de la métropole chinoise de Xiamen, mais avait alors failli se noyer, selon le rapport onusien. En 2020, il était passé brièvement au Vietnam voisin, mais avait été arrêté par la police vietnamienne.

Appel à une «protection totale»

Séoul a accordé l’asile politique à un nombre extrêmement réduit de demandeurs depuis le début du traitement formel des demandes de réfugiés en 1994, malgré des dizaines de milliers de requêtes. Les critiques estiment que ce faible taux d’acceptation reflète des contrôles exagérément stricts et des procédures longues, tandis que le gouvernement évoque des décisions au cas par cas en tenant compte de considérations de sécurité. Le parti d’opposition conservateur Pouvoir au peuple a appelé le gouvernement à offrir à Dong une «protection totale». «Il doit prendre rapidement des mesures humanitaires pour garantir que (Dong Guangping) puisse se rendre en toute sécurité au Canada, où sa famille l’attend avec angoisse», a déclaré le porte-parole du parti, Choo Hyun-chul.

En août 2023, Kwon Pyong, un dissident chinois, avait fui la Chine en jet-ski pour se rendre en Corée du Sud, où il avait été condamné pour entrée illégale et avait écopé d’une peine de prison avec sursis avant d’être expulsé aux États-Unis.

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