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Pologne : le maire de Cracovie, allié de Tusk, révoqué par référendum citoyen


Des manifestants brandissant une effigie du Premier ministre polonais Donald Tusk, le 20 mai. (Photo : afp)

Revers pour le gouvernement Tusk en Pologne : le maire centriste de Cracovie, deuxième plus grande ville du pays, a été révoqué à l’issue d’un référendum d’initiative citoyenne soutenu par l’opposition de droite et d’extrême droite.

Aleksander Miszalski, élu en 2024 sur une liste de la Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk, rassemblait les mécontentements de ses administrés au-delà des lignes de fracture politique.

Outre l’opposition conservatrice, l’initiative du référendum était notamment soutenue – et financée – par Lukasz Gibala, conseiller municipal de centre-gauche et ancien député de la Plateforme civique, principal adversaire d’Aleksander Miszalski aux municipales de 2024.

Au terme d’une campagne violente où l’entourage du maire déchu, et en particulier les femmes, a été la cible de menaces de mort, de tracts injurieux et de vidéos dégradantes générées par l’IA, les électeurs qui se sont exprimés ont réclamé son départ à 97 %.

Le quorum n’a en revanche pas été atteint sur la partie de la consultation concernant le conseil municipal à majorité de centre et centre-gauche, et celui-ci reste donc en place.

Une mise en garde pour le gouvernement pro-européen

«Après ce référendum, Cracovie doit à nouveau se montrer capable d’être une communauté», a écrit Aleksander Miszalski sur son compte X.

À la communication de l’édile de 46 ans jugée légère et fantasque sur les réseaux sociaux, se sont ajoutées des récriminations sur l’endettement de la ville, la mise en place début 2026 d’une Zone à faible émission (ZTP en polonais) et l’extension des heures du stationnement payant.

Le maire défendait de son côté son bilan sur la refonte des services municipaux et la transparence de son action, le développement du métro et des espaces verts. Il est aussi revenu sur des restrictions de la ZTP, en vain.

Sa défaite constitue un avertissement pour le gouvernement pro-européen avant les législatives de 2027. Des enquêtes montrent un mécontentement croissant de l’opinion publique souvent lié au pouvoir d’achat.

Le principal parti d’opposition, Droit et Justice (droite nationale-catholique), chassé du pouvoir en 2023 par Donald Tusk, a fait immédiatement une lecture nationale de ce scrutin.

«Nous assistons au départ du « Tusk de Cracovie », mais cela finira avec le départ de Tusk» lui-même, a prévenu le vice-président du PiS, Przemyslaw Czarnek depuis Cracovie.

Dominik Jaskowiec, député de la Coalition civique, a lui dénoncé le résultat d’une «mobilisation extrêmement puissante de la droite sous couvert d’une initiative citoyenne».

En attendant l’élection d’un nouveau maire dans les 90 jours, la ville sera administrée par un commissaire nommé par le Premier ministre.

Un référendum local peut être organisé en Pologne à condition d’obtenir le soutien d’au moins 10 % des électeurs d’une commune ou d’une ville. Il est valide lorsque la participation atteint les 3/5ᵉ des électeurs ayant voté au second tour des dernières municipales.

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