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[Musique] Harry Styles à la folie


Photo : afp

Idole des adolescent(e)s avec One Direction, puis icône au style moins formaté en solo, le chanteur a su s’adapter pour rester en haut de l’affiche. Portrait du phénomène, alors qu’il vient d’attaquer une tournée de 67 concerts. 

Dix ans après la séparation de One Direction, le chanteur britannique Harry Styles, parti en tournée le week-end dernier avec son quatrième album, s’est imposé comme l’une des plus grandes pop stars mondiales avec sa présence scénique et son incarnation d’une nouvelle masculinité. Kiss All The Time. Disco, Occasionally, son nouvel opus très dansant, sorti le 6 mars, s’est immédiatement hissé au sommet des classements dans une vingtaine de pays dont le Royaume-Uni, la France ou les États-Unis, quatre ans après Harry’s House, disque auréolé du prix de meilleur album de l’année aux Grammy Awards.

Il est l’un des rares chanteurs à avoir reçu cette prestigieuse récompense après avoir commencé sa carrière dans un groupe masculin, à l’instar de Paul McCartney, Michael Jackson ou Justin Timberlake. Harry Styles n’a jamais renié «son passage dans One Direction, et les fans du groupe, dont le nombre est colossal, l’ont suivi. Il a su s’appuyer sur eux tout en proposant une musique un peu différente», souligne Hannah Banks, spécialiste des industries créatives à l’université australienne de la Sunshine Coast.

Le chanteur de 32 ans, qui donnera un nombre record de douze concerts au stade de Wembley et ses 90 000 places (voir ci-contre) à Londres en juin, avant trente autres dates au Madison Square Garden de New York à partir de fin août, a été repéré à l’âge de seize ans dans l’émission X-Factor, qui avait permis la création du boys band One Direction en 2010. Boucles brunes et sourire timide, le jeune Anglais né près de Birmingham devient l’idole des adolescentes du monde entier avec Niall Horan, Zayn Malik, Louis Tomlinson et Liam Payne – décédé en 2024.

Sur sa «propre voie»

Ils vendent près de 70 millions de disques avec leur pop rock accrocheuse, puis se séparent en 2016 avant de chacun se lancer en solo. Harry Styles, son premier album en 2017, puis Fine Line et son tube Watermelon Sugar (2019), sont d’énormes succès commerciaux. De nouveaux fans viennent alors grossir les rangs, comme Sophie Cridland, enseignante de 37 ans : «Il est passé d’un chanteur de boys band, au style formaté, à celui d’un artiste qui suit sa propre voie», allant vers la pop et la musique électronique.

L’album Harry’s House confirme sa mue artistique, et la tournée «Love On Tour», débutée en 2021, révèle une bête de scène, qui «ramène un peu de piquant» chez des célébrités masculines «assez ennuyeuses», selon cette fan. Le chanteur joue aussi avec ses looks et collabore avec de nombreux stylistes, avant de devenir en 2020 le premier homme en Une de l’édition américaine de Vogue, sur laquelle il porte une robe signée Gucci. Il apparait aussi dans ce magazine en jupe à crinoline du designer Harris Reed, adepte d’une mode non genrée.

Un cours à Oxford 

Des combinaisons à paillettes échancrées aux boas éclatants, ses tenues «regorgent de références» à des icônes des années 1980, comme David Bowie ou Freddy Mercury, eux aussi «connus pour repousser les frontières du genre», souligne Hannah Banks. Pour Nik Shimmin, créatrice de mode australienne fan de Bowie et des Rolling Stones, «qui montaient sur scène avec des couleurs et des vêtements fantastiques», Harry Styles est une «bouffée d’air frais», qui «incarne une version moderne de la masculinité».

Le chanteur a toujours refusé qu’on «mette une étiquette» sur son orientation sexuelle. Ce qui lui a toutefois valu des accusations de «queerbaiting» – le fait de s’approprier les codes de la communauté LGBT+ sans en faire partie -, la star n’ayant été publiquement en couple qu’avec des femmes. Selon la presse people, il s’est fiancé en avril avec l’actrice Zoë Kravitz, après être sorti avec la réalisatrice Olivia Wilde, et auparavant avec Taylor Swift ou Kendall Jenner. Le chanteur, qui a pris une longue pause avant cet album, a révélé dans un podcast d’Apple Music que le décès de Liam Payne, à l’âge de 31 ans, l’avait fait «prendre du recul», après quinze ans à enchaîner albums et tournées.

Même s’il est discret sur sa vie privée et ses opinions, Harry Styles s’est «plus clairement engagé sur le plan politique» ces dernières années, incitant les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales aux États-Unis ou levant des fonds pour des organisations LBGT+, souligne Louie Dean Valencia, professeur de sciences humaines à l’université d’État du Texas. Il donnera cet été un cours dédié au chanteur à la prestigieuse université d’Oxford.

Plus d’un milliard de livres de retombées, rien qu’à Londres

Les douze dates en juin du chanteur britannique Harry Styles à Wembley devraient générer des retombées de plus d’un milliard de livres, selon une enquête de la banque Barclays. Les fans «prévoient de dépenser en moyenne 981 livres» (soit 1 128 euros) chacun, «en comptant les billets, le voyage, l’hébergement et les tenues», indique dans un communiqué la banque, qui chiffre les retombées totales à 1,06 milliard de livres (1,22 milliard d’euros). Ce chiffre est similaire aux retombées qui avaient été estimées par la banque il y a deux ans pour les quinze dates au Royaume-Uni du «Eras Tour» de Taylor Swift, ainsi qu’à celles des dix-sept concerts britanniques de la tournée d’Oasis l’an dernier.

Selon l’enquête de Barclays, ses fans ont consacré la plus grande part de leur budget à leur billet, qui leur a coûté plus de 143 livres en moyenne, devant l’hébergement (141 livres) ou le transport (103 livres). «La résidence d’Harry Styles à Wembley devrait apporter un coup de fouet significatif à Londres» et «souligne l’engouement grandissant des consommateurs pour des expériences mémorables», affirme Rich Robinson, directeur de l’hôtellerie et des loisirs chez Barclays, cité dans le communiqué. Le chanteur a lancé samedi, au stade Johan Cruyff d’Amsterdam (où il restera dix soirs) sa tournée, qui passera seulement par sept villes, pour un total de 67 concerts. À noter qu’aucun d’entre eux n’affiche complet, ce qui questionne sur la méthode.

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