La population carcérale a fortement augmenté au Luxembourg en 2025, selon les dernières statistiques pénitentiaires publiées ce mardi par le Conseil de l’Europe.
Avec 749 détenus au 1er janvier 2025, la population carcérale a augmenté de 20 % au Luxembourg en un an, selon les nouvelles statistiques pénitentiaires SPACE I du Conseil de l’Europe publiées ce mardi. Une hausse qui place le Grand-Duché parmi les taux de progression les plus élevés en Europe. Le Liechtenstein (34 %), la Turquie (29 %), le Monténégro (22 %) et Andorre (21 %) sont les seuls pays à avoir connu des hausses plus importantes. À l’inverse, la Suisse, la Slovaquie, la Serbie, le Portugal et la Norvège se situent dans le bas du classement.
Les personnes incarcérées au Luxembourg sont pour la grande majorité des hommes (95 %). Les détenus ont en moyenne 36,7 ans. Dans le détail, les chiffres divulgués par le Conseil de l’Europe montrent que 18,6 % avaient entre 18 et 25 ans, 66,2 %, entre 26 et 49 ans et 12,2 %, entre 50 et 64 ans et 3 % étaient âgés de plus de 65 ans.
Le Luxembourg en tête pour la proportion de détenus étrangers
Parmi les pays de plus de 500 000 habitants, le Luxembourg est celui qui compte le pourcentage le plus élevé de détenus étrangers (78 %). Suivent la Suisse (72,5 %), Chypre (54 %) et l’Autriche (53 %). En moyenne, en Europe, la proportion de détenus étrangers était de 26,4 %.
Alors que la France et la Turquie caracolent en tête des pays où la surpopulation carcérale est la plus élevée, avec 131 détenus pour 100 places, le Luxembourg affiche une population carcérale de 78,5 pour 100 places, loin de la moyenne européenne qui est à 88,7 détenus pour 100 places.
Des peines majoritairement courtes
Si l’on zoome sur les 749 détenus au Luxembourg, les chiffres donnent à voir que 332 d’entre eux étaient en attente de procès et 412 avaient été condamnés. Parmi ces derniers, 36 % l’ont été pour pour vol ou cambriolage, 16,7 % pour trafic de stupéfiants, 14 % pour homicide ou tentative et 6 % pour viol.
Concernant la durée des peines, 63 % des détenus ont été condamnés à moins de cinq ans de prison : environ 7 % à une peine inférieure à un an, 38 % à une peine comprise entre un et trois ans, et 18 % entre trois et cinq ans. À l’inverse, seuls 8 % purgent une peine de plus de 20 ans, tandis que 2,4 % ont été condamnés à la réclusion à perpétuité.
Sur son site, le Conseil de l’Europe note que ce rapport, réalisé par l’université de Lausanne, «contient des informations provenant de 51 administrations pénitentiaires sur le nombre de détenus, les taux d’incarcération, la densité carcérale, l’âge, le sexe, les détenus étrangers, la durée de l’emprisonnement, les infractions pour lesquelles les détenus ont été condamnés, le personnel pénitentiaire et le budget».