Accueil | A la Une | La BIL externalise une partie de son service IT, 140 personnes concernées

La BIL externalise une partie de son service IT, 140 personnes concernées


La BIL comptait, fin 2025, 1 780 collaborateurs. (Photo archives editpress/julien garroy)

La Banque internationale à Luxembourg a annoncé un nouveau partenariat avec le géant américain Kyndryl, entraînant le transfert de 140 de ses collaborateurs.

C’est une simple communication, d’abord passée presque inaperçue, qui a soulevé de nombreuses inquiétudes. Lundi 4 mai, la Banque internationale à Luxembourg (BIL) a annoncé l’extension de son partenariat stratégique avec Kyndryl. Entreprise dérivée d’IBM, Kyndryl est aujourd’hui l’un des leaders des services technologiques destinés aux entreprises. Dans son communiqué, la BIL affirme que ce partenariat a pour but de consolider la position de la banque «solidement ancrée» au Luxembourg. «Notre responsabilité est de garantir que la BIL reste résiliente, sûre et compétitive pour les décennies à venir, explique le CEO, Jeffrey Dentzer. S’associer à Kyndryl nous permet de nous moderniser à la cadence requise, tout en restant concentrés sur notre mission essentielle : servir nos clients et soutenir l’économie luxembourgeoise.»

Mais très vite des lanceurs d’alerte ont averti la presse que ce nouveau partenariat allait aussi avoir des conséquences pour 140 collaborateurs du service IT de la banque. Interrogée par nos confrères de Paperjam, la BIL a confirmé que ces salariés seraient bientôt transférés chez le géant américain même si le nombre exact est encore «en cours de finalisation».

Des zones d’ombre

Cette évolution s’inscrit d’après la banque dans sa stratégie 2025-2030. «Elle permet à la BIL de poursuivre sa croissance, d’innover et de servir ses clients avec confiance, tout en renforçant son rôle de pilier du paysage financier luxembourgeois», ajoute Jeffrey Dentzer dans le communiqué.

Mais si les salariés concernés bénéficieraient des garanties contractuelles assurées par la BIL pendant une période de deux ans, de nombreuses questions se posent pour les détracteurs de cette annonce. De la pérennité des postes à une future restructuration, en passant par le maintien de conditions de travail, les zones d’ombre sont encore nombreuses à propos des conséquences de ce partenariat.

«Une démarche proactive et responsable»

Des informations évoquant des recrutements effectués par Kyndryl en Inde font craindre une externalisation de certaines fonctions critiques de l’infrastructure informatique vers l’Asie. Le sujet dépasserait alors largement la simple réorganisation technique pour toucher le core banking et donc des fonctions vitales de la banque comme la gestion des paiements, des données clients, des opérations financières ou de la sécurité.

Le back office, qui assure le fonctionnement quotidien de la banque, pourrait également être concerné d’ici la fin de l’année. Pour certains salariés, cette perspective nourrit leurs craintes «d’un démantèlement progressif» des compétences de l’entreprise.

En réponse, la BIL affirme qu’elle gardera «le contrôle total» sur sa stratégie malgré ce transfert de certaines de ses activités IT. «Il s’agit d’une démarche proactive et responsable reposant sur des bases solides», assure Jeffrey Dentzer. La banque compte actuellement 1 780 collaborateurs contre environ 200 au Luxembourg pour Kyndryl.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.