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Une peur ancestrale

Une peur ancienne qui refait surface. Le MV Hondius, battant pavillon néerlandais, est au cœur d’une angoisse planétaire. À bord, trois de ses passagers sont morts à cause de l’hantavirus, un syndrome de détresse respiratoire aiguë, très contagieux. D’autres sont infectés et tombent malades. Le bateau devient alors presque indésirable partout, comme à une époque pas si reculée que cela où les navires étaient obligés de rester 40 jours au large, la fameuse quarantaine, avant d’accoster dans un port. Histoire de ne pas provoquer d’épidémie dans la ville accueillant les marins. Nous n’en sommes plus là. Enfin presque. Car le périple du navire revenant d’Amérique du Sud soulève dans tous les pays une angoisse ancestrale de voir débarquer, dans tous les sens du terme, un fléau incontrôlable. Aujourd’hui, le MV Hondius est dans les îles Canaries, où les autorités espagnoles ont pris en charge les personnes se trouvant sur le navire. Le bateau est resté loin des côtes et n’a pas accosté. On n’est jamais trop prudent : les vieilles méthodes restent d’actualité.

Les opérations impliquent aujourd’hui de nombreux pays pour venir en aide à ces naufragés malgré eux. Le moral reste bon chez les passagers en dépit des circonstances, l’aide médicale est là. Certains malades ont aussi été évacués, notamment grâce à Luxembourg Air Rescue, qui a évidemment adapté son dispositif de prise en charge à ce type de maladie contagieuse. LAR est connue pour sa rapidité d’exécution et les compétences de ses équipes bien au-delà du territoire européen. L’histoire, espérons-le, ne fera pas d’autres victimes et finira vite dans les annales maritimes.

L’angoisse d’une épidémie a néanmoins fait ressurgir la peur aux Canaries. Nous en avons connu une particulièrement dévastatrice il y a seulement six ans et beaucoup d’habitants de l’archipel ont peur de devoir renouer avec une vie chamboulée à cause d’une maladie qui se propage tel un feu de broussailles et qui fait de nombreuses victimes. La silhouette du navire au large inquiète malgré les appels au calme. Il y a des réflexes que nos sociétés modernes ne peuvent réfréner lorsqu’il s’agit de faire face à des maux vieux comme le monde.

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