Luxinnovation, l’agence nationale qui guide les entreprises sur le chemin de la modernisation, croule sous les demandes ces derniers mois, notamment en matière d’IA.
Sous la houlette du nouveau directeur Mario Grotz, les 105 collaborateurs de Luxinnovation n’ont pas chômé en 2025. Environ 2 200 demandes de contact ont abouti à l’accompagnement de plus de 1 000 entreprises dans leurs démarches d’innovation: un record depuis la création de l’agence en 1984.
Opérant principalement dans le commerce de détail ou de gros, dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, et dans les technologies de l’information et de la communication, 85% étaient des PME de moins de 100 salariés, et 50% comptaient 1 à 10 employés.
Preuve que les services de Luxinnovation s’adressent à l’ensemble des entreprises, peu importe leur taille: «Aujourd’hui, l’innovation est indispensable pour n’importe quelle entreprise. Il en va de la compétitivité et de la résilience de notre économie», a déclaré le ministre de l’Economie, Lex Delles, lors de la présentation du rapport annuel de Luxinnovation ce jeudi.
Les différents programmes «Fit 4» (Digital, Sustainability, Innovation, et le dernier-né AI) ont rassemblé 61 dossiers au total, dont un tiers porté par des entreprises artisanales, tandis que du côté des start-up, le processus de sélection lancé pour «Fit 4 Start» a enregistré 495 candidatures – un nouveau record – dont plus de 60% provenant de l’étranger.
MeluXina-AI bientôt opérationnel
Temps forts de 2025, le lancement de la Luxembourg AI Factory a permis de proposer des services à plus de 150 entreprises, des PME majoritairement, actives dans les secteurs de la construction, de l’IT et de la finance.
Element-clé de la stratégie nationale en matière d’IA, elle a pour but d’aider les acteurs économiques du pays à intégrer l’intelligence artificielle et soutient le déploiement du superordinateur MeluXina-AI dont la mise en service est prévue avant la fin de l’année.
Entre Luxinnovation et la Luxembourg AI Factory, Lex Delles a souligné que c’est «un véritable guichet unique qui est mis à disposition des entreprises, des plus petites PME aux grands groupes, pour les guider dans leur modernisation, de l’idée jusqu’à la mise en œuvre, y compris dans l’adoption de l’intelligence artificielle.»
Trois questions à Mario Grotz, directeur de Luxinnovation. Que viennent chercher les PME auprès de Luxinnovation? Aujourd’hui, les PME entendent beaucoup parler de l’intelligence artificielle et se demandent si cette technologie est faite pour elles. Donc on essaie de leur montrer que oui, l’IA concerne absolument toutes les entreprises et tous les secteurs d’activité. L’intérêt est là, il suffit de leur prouver que leur processus peut devenir plus efficient à travers des cas très concrets, ce que d’autres entreprises ont fait, etc. Le plus motivant étant l’impact de l’intégration de l’IA sur le résultat. Dans la construction par exemple, on peut utiliser l’intelligence artificielle pour rédiger des offres plus rapidement. De quoi accélérer le flux et mieux satisfaire ses clients. Les demandes pour vos services ont battu des records en 2025. Comment l’expliquez-vous? Je pense que les entreprises prennent de plus en plus conscience que c’est à travers l’innovation qu’on devient plus compétitif. Aujourd’hui, une entreprise qui n’innove pas aura du mal à survivre sur le marché. Nous sommes énormément sollicités, même depuis l’étranger: ce sont des contacts qu’on utilise ensuite pour créer des liens avec les entreprises qu’on accompagne. Souvent, il s’agit d’entreprises internationales qui ont des compétences qu’on ne trouve pas au Luxembourg et qu’on aimerait attirer. En matière de gouvernance de données, par exemple: aider les entreprises à structurer leurs données requiert des compétences très très poussées, qui peuvent nécessiter un travail en réseau avec d’autres AI Factory en Europe. Que va changer le déploiement du superordinateur MeluXina-AI? Nous disposons aujourd’hui d’un HPC (calculateur hautes performances) assez classique qui n’est pas spécialisé dans l’intelligence artificielle. Il sait traiter des algorithmes de l’IA, mais pour un HPC réellement spécialisé en intelligence artificielle, il faut des puces spécifiques. La nouvelle machine aura beaucoup plus de GPU et des performances décuplées au service de l’IA.«L'intérêt des PME pour l'intelligence artificielle est là»
