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[Bande dessinée] Nouvel organisateur au festival d’Angoulême


(Photo : afp)

Le groupe Morgane, gestionnaire des Francofolies de La Rochelle et du Printemps de Bourges, a été désigné pour organiser le futur événement dédié à la BD à Angoulême à partir de 2027.

L’Association pour le développement de la BD à Angoulême (ADBDA) l’a révélé mardi dans un communiqué : trois mois après l’annulation du festival de la BD, en crise, l’organisation d’un nouvel événement à partir de 2027 a été confiée à deux femmes spécialistes du secteur, adossées au groupe Morgane, déjà aux manettes de deux festivals de musique, les Francofolies et le Printemps de Bourges. Le projet, porté par Marie Parisot, ex-cadre des éditions Dargaud et des Humanoïdes Associés, et Céline Bagot, ancienne salariée de 9e Art+ et fondatrice du Pop Women Festival à Reims, «répond aux attentes de l’ensemble de la filière en termes d’exigence artistique, de diversité des esthétiques» et «confirme la place centrale des autrices et auteurs», a fait valoir l’ADBDA.

La société 9e Art+, qui organisait le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) depuis deux décennies, avait été la cible d’une fronde massive de la part des auteurs de BD, très critiques de sa gestion. Elle dénonce aujourd’hui une «appropriation brutale» du rendez-vous charentais de la bande dessinée et a engagé une action en justice au civil, pour «parasitisme» et «concurrence déloyale», aux côtés de l’association FIBD qui détient les droits du festival d’Angoulême depuis sa création en 1974. Selon l’assignation, l’ADBDA, créée en 2017 après une précédente crise de gouvernance, cherche à «récupérer à son profit» l’évènement, l’un des plus grands au monde pour le secteur, alors que 9e Art+ en est l’organisateur, en droit, jusqu’en 2027 inclus.

«Tentative de spoliation»

Les requérantes réclament ainsi l’annulation de l’appel à projets et l’interdiction de «tout acte tendant à l’organisation» d’un événement alternatif l’an prochain, s’estimant victimes d’une «tentative de spoliation». Une audience, reportée la semaine dernière, est prévue le 20 mai à Angoulême. La société 9e Art+ et l’association FIBD disent rester «ouvertes à une solution négociée».

L’édition 2025 du festival avait été marquée par des polémiques, de nombreux auteurs et autrices avaient appelé au boycott du festival 2026, dénonçant une dérive mercantile et le licenciement, en 2024, d’une salariée de 9e Art+ qui venait de déposer plainte pour un viol survenu en marge de l’événement. Éditeurs et financeurs publics ont fini par lâcher les organisateurs et l’édition 2026, annulée, avait été remplacée par un «Grand Off» placé sous le signe de la gratuité dans la ville, fruit d’une volonté des auteurs de «se réapproprier» un festival où ils ne trouvaient plus leur place.

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