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[Cinéma] «Juste une illusion» : retour en enfance pour Toledano-Nakache


(Photo : manuel moutier)

Après de gros succès au box-office comme Intouchables ou Le Sens de la fête, le tandem préféré des Français est de retour avec une nouvelle production «feel-good» qui, nostalgique, repart dans les années 1980. Découverte.

Éric Toledano et Olivier Nakache, duo derrière les plus gros succès récents du cinéma français, reviennent avec un film inspiré de leurs vies, sur un adolescent confronté à ses premiers émois dans les années 1980, servi par un casting de haut vol. Juste une illusion,  en salles mercredi, gratte à fond la corde déjà usée de la nostalgie. Mais le film est avant tout le récit initiatique du passage de l’enfance à l’adolescence. «Ce moment de mutation, de métamorphose physique et mentale, d’accès à un monde qu’on n’avait pas vu, comme s’il y avait un rideau qui se levait», est au centre de l’histoire, résume Éric Toledano.

L’histoire? Vincent a 13 ans et grandit en banlieue parisienne dans une famille juive originaire d’Afrique du Nord, entre des parents (Louis Garrel et Camille Cottin) qui ne cessent de se disputer et un grand frère fan de new wave avec qui il est contraint de partager sa chambre. À l’approche de sa bar-mitsvah, censée signer son entrée dans l’âge adulte, sa passion amoureuse pour une camarade de classe va bouleverser son quotidien. On est en 1985, une époque marquée par les débuts de l’épidémie de sida, le chômage de masse qui s’installe et l’émergence de courants politiques nouveaux comme l’antiracisme.

Une «machine à remonter le temps»

Yves, le père, est un cadre sans emploi tandis que la mère Sandrine, secrétaire, se démène pour gravir les échelons de son entreprise tout en découvrant un nouvel outil : l’informatique. Des personnages et des situations ancrés dans une époque qui fut celle de l’adolescence des réalisateurs, nés au début des années 1970. Après huit films au présent, c’est la première fois que le duo Nakache-Toledano s’essaie au film d’époque. «C’est très agréable à faire et c’est enivrant quand on arrive le matin, voir les personnages costumés, les décors… On est au début de la machine à remonter le temps», souligne Éric Toledano.

C’est une période qui avait son originalité, sa singularité, son côté créatif

Le film convoque de nombreuses madeleines de Proust de la décennie 1980 entre le vidéoclub, la valise RTL (NDLR : célèbre jeu radiophonique), la mode du funk et de la new wave ou encore la doudoune Chevignon avec un canard dans le dos, accessoire mode indispensable. «Il y a une façon de magnifier cette époque» et surtout cet âge de la vie dans le film, reconnaît Éric Toledano. Pour autant, il refuse de regarder en arrière avec nostalgie. «Il y avait quand même beaucoup de problèmes et on les décrit dans le film : la crise économique, le chômage, le racisme, le sida. Ce n’est pas une période bénie mais c’est quand même une période qui avait son originalité, sa singularité, son côté créatif», insiste-t-il.

Des comédien(ne)s qui «n’ont pas peur»

Les deux cinéastes, friands des comédies italiennes des années 1960 et 1970, s’en sont largement inspirés pour mettre en scène cette famille baroque alternant engueulades et moments de tendresse. Les auteurs de ce cinéma «parlaient de leur monde, des drames que subissait l’Italie à cette époque, mais toujours avec un pas de côté qui était l’humour et la comédie, et porté par des acteurs qui avaient plein de panache, très denses», rend hommage Olivier Nakache. Avec son compère, ils ont tout de suite jeté leur dévolu sur Louis Garrel pour le rôle du père, un acteur qui leur rappelle Marcello Mastroianni ou Vittorio Gassman. 

«On s’est dit qu’il y avait quelque chose à tenter avec lui», se rappelle Éric Toledano. «Il ne faut pas avoir peur d’essayer des choses et c’est l’avantage avec des gars comme Louis ou des filles comme Camille (Cottin) : ils vous suivent partout, ils n’ont pas peur», poursuit-il. Éric Toledano et Olivier Nakache ont dédié leur film à leurs pères respectifs, Raphaël et Marco, tous deux décédés pendant le tournage. «Il fallait un peu qu’ils soient dans le film», expriment les cinéastes, qui ont aussi largement puisé dans leurs souvenirs familiaux pour écrire cette histoire.

Juste une illusion, d’Éric Toledano et Olivier Nakache.
En salles mercredi. 

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