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Longwy : appâtés sur les applis de rencontre puis dépouillés


Les auteurs utilisaient un faux profil de femme sur les applis de rencontre pour attirer leur proie.  (Photo : rl)

Entre octobre et décembre 2023, une dizaine d’hommes ont été attirés dans une rue avant d’être dépouillés par un groupe organisé. Ils étaient piégés sur les réseaux sociaux.

Le mode opératoire ne laissait que peu de place au hasard. Sur les applications de rencontre, le profil «Ilyana» attirait de jeunes hommes pour un rendez-vous galant. Mais à l’adresse indiquée, souvent à proximité du domicile de l’instigateur des faits, la romance tournait au cauchemar. Au lieu de la jeune femme, les victimes – des hommes âgés de 18 à 27 ans – se retrouvaient face à trois, quatre ou cinq individus masqués, prêts à tout pour les dépouiller.

Des faits qui remontent à plus de deux ans, entre fin octobre et début décembre 2023. Les enquêteurs du commissariat de Villerupt font rapidement le rapprochement entre les plaintes déposées et recensent onze agressions en seulement deux mois, par les mêmes auteurs. 

Ces derniers ne s’en sont pas tenus à menacer leurs victimes pour un iPhone ou un virement bancaire. «Ça commence par des vols de téléphone, de l’extorsion, pour finir avec un passage à tabac et un homme séquestré pendant plusieurs heures dans une cave», souligne Sophie Partouche, procureure.

Des deux hommes prévenus dans cette affaire, un seul est présent à la barre. Son complice présumé, Renaud-Claude Bayonne, 23 ans, surnommé «Le Lyonnais» et connu comme l’instigateur des faits, ne s’est pas présenté.

Un traumatisme pour les victimes

Le prévenu éclairera partiellement les magistrats sur sa participation à cinq guets-apens, sans nier : «C’était une période où je traînais sans but, je n’avais pas eu mon bac. J’étais influençable et j’avais de mauvaises fréquentations.» Son excuse: il pensait «punir des pédophiles».

Parmi les neuf victimes évoquées, seul un homme s’est senti le courage de témoigner à la barre. «Ça a été traumatisant, je n’ai pas pu travailler pendant plusieurs jours. Aujourd’hui, j’ai encore peur pour moi et mon entourage.» Un autre a laissé son avocat transmettre son témoignage : «Cette agression a brisé sa confiance en lui et en les femmes. Il vit dans un stress permanent qui inquiète ses parents.»

Indulgence pour le complice

Dans ses réquisitions, le ministère public souligne la «gradation» des faits et le rôle central de Renaud-Claude Bayonne, qui n’a cessé de nier son implication durant toute l’instruction malgré les preuves évidentes de sa culpabilité – bornages téléphoniques et reconnaissances formelles notamment. 

Pour Daniel en revanche, la procureure prend en considération ses aveux, son casier vierge et ses efforts pour devenir «un homme correct», selon ses mots, et requiert du sursis probatoire.

Le tribunal a condamné Renaud-Claude Bayonne à trois ans de prison ferme avec mandat d’arrêt. Daniel, lui, écope de 16 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire. Ayant déjà effectué cinq mois de détention provisoire, la partie ferme est considérée comme purgée.

E. D.
(Le Républicain lorrain)

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