Près de 15 000 fans de mangas et de culture japonaise se sont pressés tout le week-end à Luxexpo pour la toute première édition du Japan Day, porté par une poignée de jeunes.
Une longue file d’attente serpente jusque sur le parvis de Luxexpo ce dimanche. Et il faut le dire, ça fait un bail qu’on n’avait plus vu ça au parc des expositions!
«On a passé la barre des 5 000 entrées samedi, et ce dimanche, on devrait accueillir au-delà des 10 000 personnes», se réjouit Kylian Devillet, cofondateur de cet évènement inédit au Luxembourg qu’est le Japan Day.
Né à la Maison de jeunes d’Arlon sous l’impulsion d’une bande d’amis, voilà qu’il franchit la frontière, après cinq éditions à Arlon et une autre à Liège. Soutenu par l’ambassade du Japon au Luxembourg, le Japan Day privilégie l’artisanat et les jeunes créateurs, face à l’IA et au dropshipping.
«On est trois et on travaille dur»
Une volonté de l’association organisatrice, qui ne compte que des bénévoles et ne tire aucun bénéfice financier : «On est trois et on travaille dur, sur notre temps libre, pendant six mois pour préparer chaque édition!», raconte le jeune homme, entre deux appels au talkie-walkie.
«On fait tout nous-mêmes, aidés de nos amis et de nos familles, pour réduire les frais. Cela nous permet d’avoir des invités prestigieux et de choisir uniquement des exposants de qualité, qui partagent notre passion et nos valeurs.»
Une formule gagnante
«Par exemple, on a l’honneur d’accueillir le comédien Ryo Horikawa, voix japonaise de Vegeta dans Dragon Ball ou du héros dans Détective Conan, qui n’était encore jamais venu en Europe. Et aussi tous les membres du cast français de la websérie The Amazing Digital Circus.»
Une formule authentique gagnante, vu l’affluence. «On propose au Japan Day ce que nous, en tant que fans, on attend d’un tel évènement. Toujours plus loin, toujours plus haut, on a l’esprit shonen du héros qui va toujours s’en sortir!»
Place à la culture traditionnelle
Alors que, sur la grande scène, les cosplayers défilent face à des centaines de spectateurs, dans le hall, les visiteurs découvrent les richesses de la culture nippone, entre kimonos traditionnels, musique des films Ghibli, sumi-e (peinture à l’encre) et exposition de bonsaïs.
Un espace entier réservé aux jeux d’arcade fait le plein, tandis que d’un bout à l’autre s’étalent une centaine de stands où se mêlent fanarts, accessoires, bijoux, vêtements, badges, et autres créations sorties tout droit de l’univers kawaii et manga.
«Je possède environ 400 pièces»
De quoi ravir les fans, dont Anthony, 29 ans, habitué des conventions dans le Grand Est, qui s’est fixé un budget de 100 à 200 euros pour le Japan Day.
«J’ai acheté plusieurs œuvres pour soutenir des artistes que j’aime. Et là je viens de craquer pour cette figurine à 80 euros de Boa Hancock, un des sept grands corsaires de One Piece», souffle-t-il.
Elle viendra s’ajouter à son impressionnante collection : «Je possède environ 400 pièces, donc mon appartement commence à ressembler à un musée», s’amuse-t-il.

Les fans de toute la Grande Région se sont retrouvés. (Photo : fabrizio pizzolante)
«Je rêvais de leur donner vie»
Les deux copines Eden et Eva, 16 et 17 ans, ne passent pas inaperçues dans les allées, sous les traits des personnages Black Swan et Cypher du jeu vidéo Honkai Star Rail.
«Je dessinais des mangas et je rêvais de leur donner vie», explique Eva, qui s’est mise au cosplay il y a quatre ans seulement. «Je mixe des pièces que je fais moi-même avec des accessoires que j’achète, comme les perruques par exemple.»
Pas question de concours pour les jeunes femmes : cela demande trop de discipline. Par contre, elles prennent volontiers la pose, le temps d’une photo souvenir, avec ceux qui les abordent.
«Les petits adorent et nous aussi»
Ana et Pit, venus avec leurs enfants, ont ainsi collecté pas mal d’images en compagnie de personnages plus loufoques les uns que les autres. Avant de reprendre le chemin de la maison, ils admirent le décor grandeur nature où se cachent des Pokémon.
«C’est très réussi, les petits adorent et nous aussi», commente la maman en pointant Pikachu avec son téléphone. «Ils ont choisi une petite peluche en crochet et on a assisté au concours de cosplay, c’était chouette.»
Avec ce départ sur les chapeaux de roues, le Japan Day devrait revenir l’an prochain au Grand-Duché pour une deuxième édition.