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Indonésie : les moins de 16 ans disent adieu aux réseaux sociaux


(Photo : afp)

En Indonésie, l’interdiction imminente des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans suscite à la fois inquiétudes chez les jeunes utilisateurs et soutien de certains acteurs éducatifs.

Bradley, 11 ans, grand utilisateur de TikTok, comme beaucoup d’enfants indonésiens, se demande comment il va s’occuper à partir de samedi, jour de l’entrée en vigueur de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans l’archipel.

Le jeune garçon qui peut passer jusqu’à cinq heures par jour sur son téléphone pendant les vacances ou les week-ends, dit qu’il va se sentir «déçu» lorsque l’interdiction sera effective, même s’il imagine un moyen de contourner la mesure.

«Peut-être que je ferai d’autres activités, mais je pense que je vais demander à mon père ou à ma mère de m’aider à y accéder» malgré la nouvelle réglementation, a confié Bradley Rowen Liu, qui suit des cours de programmation dans une école de Jakarta.

En Indonésie, où 70 millions d’enfants sont concernés (sur une population totale de 284 millions d’habitants), les comptes appartenant aux moins de 16 ans doivent commencer à être désactivés à partir de samedi, sur les plateformes dites «à haut risque», à savoir YouTube, TikTok, Facebook, Instagram, Threads, X, Bigo Live et Roblox.

«Nous prenons cette mesure pour reprendre le contrôle de l’avenir de nos enfants», a expliqué récemment la ministre des Communications, Meutya Hafid.

À l’opposé de la majorité, Maximillian, 15 ans, qui avoue se sentir «improductif» en raison des heures qu’il passe sur les réseaux sociaux, soutient l’interdiction pour que «les jeunes puissent se concentrer davantage sur leurs études».

«Distraction» en classe

L’Association des enseignants indonésiens (P2G), exhorte le gouvernement à ne pas se contenter d’interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux enfants «mais aussi à limiter et réglementer l’utilisation des téléphones pendant les cours, car cela perturbe la concentration des élèves».

«C’est vraiment préoccupant, car ces derniers temps, on trouve des contenus, des trucs bizarres, qui perturbent la façon de penser des enfants», explique Randi Putra Chaniago, qui enseigne l’informatique à des adolescents et considère les réseaux sociaux comme une «distraction» en classe, affectant l’attention et la concentration des élèves.

Alors que la prise de conscience des risques que fait peser une utilisation excessive des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants est désormais mondiale, le gouvernement indonésien n’a pas indiqué comment il comptait contrôler sa mesure d’interdiction.

Il revient aux plateformes de réguler l’accès des mineurs, le non-respect de ces dispositions exposera les contrevenants à une amende, voire à une suspension.

Aux États-Unis, un jury a estimé mercredi qu’Instagram et YouTube étaient responsables du caractère addictif de leurs plateformes et des troubles de santé mentale subis à l’adolescence par une jeune Californienne, lui octroyant 6 millions de dollars de dommages.

Google, la société mère de YouTube, a indiqué que les deux plateformes avaient déjà introduit des fonctionnalités permettant aux parents de limiter le temps de défilement et qu’elles lanceraient en Indonésie, d’ici l’année prochaine, une technologie basée sur l’intelligence artificielle pour déterminer l’âge de l’utilisateur.

Le groupe est hostile aux restrictions généralisées sur les comptes des moins de 15 ans, contreproductives selon Google car cela prive les jeunes accédant à YouTube des protections, contrôles parentaux et autres fonctionnalités de sécurité intégrés aux comptes supervisés.

TikTok, de son côté, s’est engagé à travailler avec le gouvernement pour garantir que «les adolescents puissent continuer d’accéder à des espaces en ligne sûrs».

Karina Adistiana, psychologue de l’éducation en Indonésie, rappelle que plusieurs études ont démontré que l’utilisation intensive des réseaux sociaux était néfaste pour les jeunes.

«Intensif, en ce sens que les réseaux sociaux deviennent le monde principal de l’enfant. C’est là que réside le danger», dit-elle, évoquant les risques de «dépression, difficulté de concentration ou trouble du sommeil».

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