GP DU JAPON Face à la domination de Mercedes, le septuple champion du monde britannique de chez Ferrari s’est montré conquérant, jeudi, à l’inverse du pilote néerlandais de Red Bull à la quadruple couronne.
La troisième manche du championnat du monde de F1, sur l’un des circuits préférés des pilotes, à Suzuka au bord du Pacifique à 375 km au sud-ouest de Tokyo, devrait voir les Mercedes du Britannique George Russell et de l’Italien Andrea Kimi Antonelli confirmer leur course en tête du début de saison.
Cette année inaugure un tout nouveau règlement technique sur les moteurs – moitié électrique, moitié thermique – et sur l’aérodynamique et les châssis, qui continue de diviser le paddock. Surtout entre Max Verstappen, 28 ans, au début de saison difficile et qui affirme ne plus reconnaître la discipline reine du sport automobile, et Lewis Hamilton, 41 ans, qui assure ne s’être jamais autant «amusé» en F1.
«Aucun des pilotes contre lesquels je cours ne s’est entraîné et ne se donne comme je le fais, surtout à mon âge», a plastronné devant quelques journalistes la superstar britannique de 41 ans arrivée en 2025 chez Ferrari et auréolée d’un palmarès exceptionnel chez Mercedes.
De fait, après deux GP en Australie (Melbourne) et en Chine (Shanghai), les Ferrari de Hamilton et du Monégasque Charles Leclerc sont au deuxième rang, derrière les très performantes Mercedes de Russell et du jeune prodige italien de 19 ans Andrea Kimi Antonelli, vainqueur de son premier Grand Prix à Shanghai le 15 mars.
Le roi Hamilton
Hamilton a fini troisième en Chine, son premier podium avec la Scuderia et dont la saison 2025 fut cauchemardesque. Le quadragénaire au look très travaillé a le statut de vétéran et de roi du sport automobile, des affaires, de la mode et des médias et vient de remporter un Oscar (meilleur son) en tant que coproducteur du long métrage F1, le film avec Brad Pitt.
Hamilton a assuré de sa voix douce qu’il entendait «continuer à montrer» de quoi il était capable sur les circuits et qu’il «s’entraînait de plus en plus dur», notamment avec «100 km de footing à Tokyo» depuis son arrivée cette semaine. «L’implication est là, plus que jamais», a-t-il insisté, calme et souriant.
Une attitude devant la presse qui contraste avec celle de Verstappen. Il a une nouvelle fois pesté contre le nouveau règlement des moteurs qui oblige les pilotes à gérer la puissance électrique délivrée par la batterie : un bouton «boost» leur permet de se dépasser plus facilement, mais aussi de se faire redoubler tout aussi aisément si leur batterie est vide.
Les «ajustements» sur la consommation et la recharge d’électricité en course, qu’a annoncés jeudi la Fédération internationale de l’automobile (FIA) pour les qualifications samedi n’y changeront rien, selon Verstappen.
Verstappen exclut un journaliste
«Les fondamentaux resteront les mêmes», a critiqué, fataliste, le quadruple champion du monde (2021-2024), qui a plusieurs fois comparé la F1 millésime 2026 au jeu vidéo Mario Kart et à de la «Formule E (électrique) sous stéroïdes». «Il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire», a-t-il lancé, disant «compter sur de plus grands changements l’an prochain».
Visiblement tendu, Verstappen a même exclu brutalement de sa conférence de presse un journaliste du quotidien britannique The Guardian en raison d’une question posée en décembre qui ne lui avait pas plu. Quant aux deux leaders du classement pilotes, Russell et Antonelli sur Mercedes, ils ont affiché leur sérénité.
«La victoire m’a donné un peu plus conscience de ce qui est possible de réussir», a dit tranquillement le très jeune Italien que son coéquipier Russell, et peut-être futur rival, a qualifié jeudi de «gamin mature». Derrière l’écurie allemande au sommet et la Scuderia qui espère une renaissance cette année, les Red Bull de Verstappen et du jeune Français Isack Hadjar et les McLaren du Britannique Lando Norris et de l’Australien Oscar Piastri peinent.
«On a d’abord en tête de remonter sur le podium, puis de regagner des courses», a promis Norris, champion du monde en titre.

Max Verstappen continue de se montrer critique. (Photo : afp)