Pour moins sentir la barre franchie des 2 euros du diesel au litre, l’ACL dévoile ses meilleurs conseils pour consommer le moins possible, en misant notamment sur l’anticipation.
Le passage du diesel au-dessus de la barre symbolique des 2 euros le litre ravive l’inquiétude des automobilistes de voir le budget carburant s’alourdir à chaque plein. Dans un contexte international toujours tendu, avec un détroit d’Ormuz sous menace, la question n’est pas seulement géopolitique, mais devient très concrète au moment de monter en voiture.
Pour autant, pour limiter sa consommation, pas besoin de changer de véhicule ni de renoncer à tous ses déplacements : une conduite basée sur l’anticipation «permet déjà de réduire la consommation», insiste Franck Maas, responsable de la promotion des solutions de mobilité au sein de l’Automobile Club du Luxembourg (ACL). Il explique également qu’au démarrage, «il ne faut pas laisser tourner le moteur à vide. Si on le démarre, il faut partir tout de suite pour que le moteur chauffe le plus vite possible.» La raison ? «La phase où le moteur chauffe, est celle où l’on consommez le plus», indique-t-il.
Soigner ses accélérations est un autre réflexe économe, particulièrement en ville. Franck Maas recommande d’accélérer «assez franchement», mais sans brutalité. «Accélérer trop fort fait grimper la consommation, mais partir tout doucement, c’est contre-productif aussi», explique-t-il.
Les bouchons font consommer
L’expert rappelle surtout que les bouchons sont parmi les situations les plus pénalisantes. «Le stop and go consomme énormément d’énergie et de carburant.» Sur les autoroutes luxembourgeoises souvent saturées aux heures de pointes, la meilleure parade reste donc l’anticipation. Garder une plus grande distance avec le véhicule qui précède, lever le pied plus tôt, éviter les coups de frein inutiles : autant de gestes qui permettent de lisser la vitesse.
Cette logique vaut aussi aux feux et ronds-points. «Moins on s’arrête, moins on consomme», résume Franck Maas. Sans jamais rogner sur la sécurité ou le code de la route, il conseille de regarder loin devant. «Vous voyez qu’il y a un feu rouge, vous n’allez pas rester sur l’accélérateur jusqu’au feu rouge et freiner de façon plus abrupte.» Il plaisante même en disant qu’«avec un peu de chance, le feu passe déjà au vert sans vous arrêter.»
Une histoire de résistance au vent
L’écoconduite passe également par l’usage du véhicule lui-même. Sur les modèles équipés, le mode «éco» peut être pertinent «dans le stop and go ou en ville», mais il devient «plutôt contre-productif lorsqu’il faut davantage solliciter le moteur, notamment sur autoroute». Même vigilance du côté de la boîte de vitesses : «il faut changer de vitesse assez tôt», note Franck Maas. Les moteurs récents permettant souvent de rouler à bas régime sans difficulté. D’autres détails si évident qu’on les oublie, pèsent aussi sur la facture : le poids, en premier. Beaucoup d’automobilistes transportent inutilement des objets dans le coffre, ce qui finit par coûter à la pompe.
Les pneus ensuite. Il existe des modèles «spécialement conçus pour consommer moins», mais encore faut-il respecter la bonne pression. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le chauffage ou la climatisation, «ne consomme pas tellement si on reste à une température normale». En revanche, Franck Maas rappelle que «tout consommateur électrique passe par l’alternateur, et plus il doit travailler, plus on consomme».
En résumé, si Franck n’avait qu’un conseil à donner il dirait que «ce qui est important dans l’écoconduite, c’est de garder une vitesse constante.» Il poursuit que «plus vous allez vite, plus vous allez consommer». Pour les plus adeptes des mathématiques, Franck explique que «Plus la vitesse augmente, plus la résistance de l’air grimpe très vite, car elle dépend du carré de la vitesse.» Concrètement sur autoroute, rouler à 110 km/h au lieu de 130, selon le véhicule, «ça peut déjà faire une nette différence», conclut le spécialiste.
La différence entre les essences
Franck Maas relativise l’intérêt des carburants plus chers. L’essence sans-plomb 98 «pourrait» faire consommer «un tout petit peu moins», sans en être convaincu, car «beaucoup de voitures maintenant sont réglées pour le 95», une essence déjà «bien suffisante». Pour ce qui est des versions premiums, elles servent surtout au «nettoyage de l’injection et des injecteurs» grâce à leurs additifs détergents.