METZ Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les discriminations raciales, ce samedi 21 mars, l’université de Lorraine a organisé la 3e édition du concours culturel contre les discriminations. L’établissement invitait étudiants et personnels à s’exprimer autour de 26 critères de discrimination.
Musiques, poèmes, peintures, photographies, vidéos… Toutes les formes de création artistique étaient sous le feu des projecteurs, ce jeudi 19 mars, au bâtiment Simone-Veil du campus du Saulcy. L’université de Lorraine organisait la 3e édition du concours culturel contre les discriminations.
Une trentaine de membres de l’université, étudiants ou personnels, y ont participé. «Ce concours a pour vocation de libérer la parole sur les violences subies», s’exprime Pascal Tisserant, vice-président de la cellule EDI (Égalité, diversité, inclusion) de l’université de Lorraine. «Face aux discriminations, le silence n’est pas une option. Il faut dénoncer, témoigner, alerter.»
«Rester vigilant, motivé et surtout résistant»
Cet événement s’est tenu dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les discriminations raciales, ce samedi 21 mars. «Le contexte politique actuel n’est pas rassurant», souffle Pascal Tisserant. «Il nous rappelle l’urgence de rester vigilant, motivé et surtout résistant. Ce concours en est la preuve, l’art est une arme de résistance, vos poèmes, dessins, œuvres sont des actes de courage.»
Le jury de ce concours était composé de six membres, enseignants, personnels de l’université ou étudiants, venus d’horizons différents. «C’est gratifiant d’en faire partie», sourit Tiski Boudjou, étudiante en médecine à Nancy et pianiste. «En tant que femme, faisant de l’art et étant d’origine coréenne et algérienne, c’est un peu une revanche d’être ici.»
Durant cette cérémonie, plusieurs prix ont été décernés parmi les 33 œuvres soumises au jury. Betul Yildirim, étudiante en master ressources humaines à l’IAE Nancy, a notamment reçu le prix du jury pour sa vidéo Suivant., où elle se met en scène lors d’un entretien d’embauche, elle qui a pour habitude d’être de l’autre côté de la table.
«C’est un projet qui me tient à cœur parce que je me considère du côté du recruteur, mais également de la personne discriminée», explique l’étudiante. Dans cette vidéo de quatre minutes, elle critique le fait que l’apparence physique puisse influencer l’évaluation d’un candidat dès les premières secondes, «un jugement silencieux».
41 nationalités différentes à l’IUT de Longwy
Parmi les autres lauréats, le prix du public a été décerné à la responsable communication de l’IUT de Longwy pour une photographie d’un repas partagé.
Ce cliché, faisant référence à La Cène de Léonard de Vinci, met en lumière la fraternité et la solidarité entre étudiants et personnels d’origines multiples. Chaque personne présente sur l’image devait rapporter un plat, un objet ou un costume de son pays.
«L’IUT compte 41 nationalités différentes; les discriminations, on les vit au quotidien», déplore Miloud Guendouz, directeur adjoint de l’établissement. «Avec ce repas, on a voulu montrer qu’on pouvait briser les frontières. Longwy et le Pays-Haut sont une terre d’immigration avec une grande diversité. Il faut en être fier.»
Simon Guerin
(Le Républicain lorrain)