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Le Luxembourg intègre le top 5 des principaux importateurs d’armes suisses


(Photo d'illustration : archives LQ/Julien Garroy)

Les exportations d’armes fabriquées en Suisse ont nettement rebondi en 2025 malgré les restrictions liées à la neutralité, sous l’effet de la demande venant en particulier d’Allemagne, selon les chiffres publiés mardi par le secrétariat d’État à l’économie (Seco).

L’an passé, les exportations de matériel de guerre se sont accrues de 43 % pour atteindre 948,2 millions de francs suisses (1,04 milliard d’euros) après deux années successives de baisse, a indiqué le Seco dans un communiqué.

L’Allemagne est restée de loin le premier débouché, avec 386,4 millions de francs, suivie par les États-Unis (94,2 millions), la Hongrie (63,4 millions), l’Italie (62,2 millions) et le Luxembourg (47,4 millions).

Il s’agit principalement de munitions, de véhicules blindés et de pièces de rechange livrés à l’Allemagne, de composants de canons vendus à l’Italie et de composants d’avions de combat exportés aux États-Unis, a détaillé le Seco.

En décembre, le Parlement a accédé à une demande du Conseil fédéral (gouvernement) visant à assouplir les restrictions qui ont été à la source de frictions avec des pays de l’Union européenne (UE), dont l’Allemagne qui avait voulu en 2022 réexporter des munitions achetées de nombreuses années auparavant mais s’était vu opposer un refus.

En tant que pays neutre, la Suisse impose d’importantes restrictions, interdisant la réexportation vers des pays en proie à un conflit armé.

Pour pouvoir octroyer des dérogations lorsque «des circonstances exceptionnelles le justifient», le gouvernement a demandé à assouplir la loi. En décembre, le Parlement a proposé une liste de 25 pays, dont les États-Unis, le Canada et 17 pays de l’UE, qui pourraient bénéficier de dérogations.

Peu après les frappes des États-Unis au Venezuela, le Parti socialiste, les Verte·s et des ONG qui s’opposent à cet assouplissement ont cependant lancé les démarches pour exiger un référendum.

«Pendant les débats, on nous avait dit que l’industrie de l’armement se portait mal parce que nos règles étaient trop strictes», a déclaré Clarence Chollet, députée des Vert.e.s suisses.

En 2023, les exportations d’armes suisses avaient chuté de 27 %, puis s’étaient encore contractées de 5 % en 2024.

Mais ces chiffres de 2025 montrent que le secteur «se porte très bien», a réagi Mme Chollet. «Le point délicat, c’est les États-Unis, le deuxième pays vers lequel on exporte le plus et qui maintenant est impliqué dans des conflits qui sont illégaux au regard du droit international», selon elle.

Dans le communiqué, le Seco précise qu’aucune demande d’exportation de matériel de guerre vers les États-Unis n’a été approuvée ni refusée depuis l’escalade du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

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