Emmanuel Macron a affirmé lundi préparer avec ses partenaires une future mission pour rouvrir le détroit d’Ormuz et escorter les navires «après la sortie de la phase la plus chaude du conflit».
Le président a annoncé lundi, à Chypre puis sur le Charles-de-Gaulle, que la France se préparait à un conflit au Moyen-Orient susceptible de «durer», avec un important déploiement aéronaval.
«Nous nous mettons en situation» pour inscrire les forces françaises dans la durée, a dit le président français à bord du porte-avions actuellement au large de la Crète, en Grèce. Pour lui, la guerre «durera à coup sûr dans cette phase intense (…) plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines».
La durée dépendra, selon lui, des objectifs des États-Unis et d’Israël. «Je ne pense pas qu’on puisse avoir des changements profonds de régime, de système politique uniquement par des bombardements», a-t-il prévenu.
Emmanuel Macron a atterri en hélicoptère sur le porte-avions redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit. L’occasion d’expliquer le rôle «défensif» de la France dans cette guerre. Outre le Charles-de-Gaulle, huit frégates et deux portes-hélicoptères amphibies sont présents dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d’Ormuz dans le Golfe.
Objectif : «protéger» les ressortissants français dans la région, mais aussi les alliés et partenaires de la France, dont Chypre, touché par un drone de fabrication iranienne peu après le début du conflit, et les pays du Golfe visés par des représailles de Téhéran.
«Il y a eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours» de la part des forces françaises, dans le cadre de leurs partenariats, a expliqué le chef de l’État sans plus de précisions.
Pour l’instant, le porte-avions va se concentrer sur la Méditerranée orientale, en défense de Chypre.
L’UE prête à renforcer la protection maritime
«Lorsque Chypre est attaquée, c’est l’Europe qui est attaquée», a martelé dans la matinée Emmanuel Macron lors d’une brève visite à l’aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de cette île de l’Union européenne, aux côtés de son homologue chypriote, Nikos Christodoulides.
«Nous n’accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger», a renchéri le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, également présent.
Ce dernier a invité ses «collègues européens à renforcer» avec «davantage de moyens flottants» l’opération Aspides mise en place en 2024 par l’UE en mer Rouge, sous commandement grec. L’UE s’est dite disposée «à adapter et à renforcer davantage ses missions de protection maritime.
Au-delà, «nous sommes en train de mettre en place» une «mission purement défensive, purement d’accompagnement», qui «a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit», «l’escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz», a affirmé le président français.
C’est, selon lui, «essentiel» pour «la circulation du gaz et du pétrole», alors que l’impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s’envoler les cours ces derniers jours.
Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission «strictement pacifique» avec des partenaires européens, mais des discussions sont aussi en cours avec l’Inde et d’autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.
À terme, le Charles-de-Gaulle pourra être appelé à se déployer vers le détroit d’Ormuz si cette mission voit le jour, «avec plusieurs autres pays», a-t-il précisé.