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Frappes en Iran : « On a entendu des ‘‘boum’’ », le séjour de cette Mosellane bousculé par l’actualité


Julia (prénom changé) et sa famille ont pris l’avion à Paris-Charles-de-Gaulle pour se rendre en Israël. Ils sont censés rentrer en France mercredi 4 mars. « Ça risque de changer. Israël a fermé son espace aérien au trafic civil. » (Photo archives : Alexandre Marchi)

Il y a une semaine, Julia*, 25 ans, prend l’avion à Paris, direction Israël. L’occasion pour la jeune femme de confession juive qui partage sa vie avec un Mosellan de retrouver certains membres de sa famille. Mais le voyage est brutalement interrompu à 8 h le 28 février lorsque les sirènes d’alarme retentissent un peu partout, en raison de la riposte iranienne aux bombardements israéliens et américains.

Ce qui devait être un séjour paisible en famille s’est transformé en piège dans un conflit international. Dimanche 22 février, Julia*, ses deux petites sœurs et leurs parents partent de l’aéroport Charles-de-Gaulle pour atterrir quatre heures plus tard à Tel-Aviv. Un voyage prévu depuis quelques mois. «Nous n’y étions pas retournés depuis 2019. On connaît l’actualité mais ça nous faisait plaisir de revenir voir nos proches. Ils prennent de l’âge. Bien sûr on les avait au téléphone, mais ce n’est pas pareil», confie la jeune femme. Les premiers jours se déroulent à merveille. La famille alterne entre les visites culturelles, les après-midi à la plage et les repas chez des tantes, cousins et amis.

La soirée du 27 février, elle se trouve d’ailleurs chez des amis à Modiin, entre Jérusalem et Tel-Aviv, pour célébrer le shabbat. Mais au petit matin du lendemain, tous reçoivent des alertes de l’armée et sont expressément conviés à se réfugier dans des abris.

«Je pense fort au peuple iranien»

Des explosions sont entendues à Jérusalem. Elles font suite aux bombardements israéliens et américains qui ont frappé des cibles en Iran. Dans le viseur, le programme nucléaire iranien et les têtes du pouvoir.

«On a entendu des ‘‘boum’’. C’était le bruit des missiles interceptés», explique Julia. Par chance, les amis chez qui la famille loge disposent d’un abri. « Il fait une dizaine de mètres carrés, avec un lit, des chaises et de quoi manger. Quand on entend les sirènes dans la rue ou qu’on reçoit une alerte, on a 90 secondes pour rejoindre un abri ». Fort heureusement, il en existe des publics dans chaque rue pour que chacun puisse se protéger. «On ressent un peu de peur mais surtout de l’incertitude. On ne sait pas ce qu’il peut se passer même si on se sent bien protégés. Je pense fort au peuple iranien.»

La famille de Julia doit regagner la France mercredi 4 mars. «Ça risque de changer. Israël a fermé son espace aérien au trafic civil.» Pour l’heure, pas d’autres choix que de rester confinés. «On se demande quand et comment on va rentrer».

*Le prénom a été changé

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