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Capacités satellitaires : «Le Luxembourg est un allié crucial»


Au château de Senningen, la ministre Yuriko Backes a reçu le commissaire Andrius Kubilius avec les honneurs militaires. (Photo : julien garroy)

En visite au Grand-Duché, le commissaire européen à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius, souligne l’importance du Luxembourg pour renforcer l’autonomie spatiale de l’UE.

Le Luxembourg continue à s’affirmer comme hub majeur dans le domaine des technologies satellitaires destinées à la défense. L’ancrage au Grand-Duché de la Société européenne des satellites (SES) est un facteur clé. S’y ajoutent des investissement stratégiques. Premier exemple : les deux satellites de communication, GovSat-1 sur orbite depuis 2018 et GovSat-2, dont le lancement est prévu en 2029. Depuis août 2025 s’est ajouté le satellite d’observation LUXEOSys.

«Le Luxembourg est peut-être un petit pays, mais un très grand acteur dans l’espace. Les capacités que nous pouvons mettre à disposition de nos alliés européens et de l’OTAN  sont vraiment appréciées», souligne la ministre de la Défense, Yuriko Backes, en présence du commissaire européen à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius.

Le Lituanien, tout juste de retour de Kiev, a mis ce jeudi le cap sur le Grand-Duché où était organisée la conférence GovSatCom. Plus de 1 500 acteurs du secteur spatial issus de plus de 40 pays étaient réunis au Kirchberg. La Commission européenne a lancé un programme du même nom afin de mutualiser les capacités de plusieurs satellites géostationnaires fournis par le Luxembourg, mais aussi par l’Espagne, la France, la Grèce ou l’Italie. Un budget de 150 millions d’euros doit contribuer à développer une alternative européenne crédible et sécurisée à Starlink de SpaceX.

Une pièce maîtresse est IRIS², une constellation multi-orbites d’environ 300 satellites qui est destinée d’offrir aux acteurs gouvernementaux et militaires de l’UE des solutions de connectivité sécurisées, fiables et innovantes. Le Grand-Duché et SES jouent une nouvelle fois un rôle majeur (lire ci-contre). Tout cela amène Andrius Kubilius à souligner que «le Luxembourg est un allié crucial» en matière de capacités satellitaires.

Une armée européenne?

La ministre Yuriko Backes insiste sur le besoin de «penser européen». Elle met en avant le satellite GovSat-2, qui sera construit en France et placé en orbite par la fusée européenne Ariane. «Nous devons poursuivre nos efforts pour renforcer l’industrie européenne de défense. On a besoin d’une meilleure interopérabilité en procédant à des acquisitions communes», développe la ministre.

Le renforcement des capacités satellitaires doit contribuer à augmenter dans un sens plus large la capacité de défense de l’Europe. «Il est vraiment fondamental d’avoir un fort pilier européen au sein de l’OTAN», insiste Yuriko Backes.

Le commissaire à la défense lance dans ce contexte l’idée d’une armée européenne composée de 100 000 hommes. Yuriko Backes affirme qu’une telle armée européenne ne figure pas à l’ordre du jour des ministres de la Défense. «Plus important est de continuer à mieux coordonner nos efforts. Le bataillon belgo-luxembourgeois est un bon exemple», explique la ministre libérale.

Le commissaire Andrius Kubilius a aussi été reçu par le Premier ministre, Luc Frieden, et la ministre déléguée en charge de la Connectivité, Elisabeth Margue. Une visite chez SES est venue clôturer cette rencontre.

 

IRIS² : un centre de contrôle à Bettembourg

En décembre 2024, le gouvernement a annoncé que le site de LuxConnect à Bettembourg avait été retenu pour accueillir l’un des centres de contrôle stratégiques de la constellation européenne de 300 satellites, baptisée IRIS². Ce projet inclut également la mise à disposition d’un champ d’antennes sur un terrain de 2 hectares.

Depuis le Luxembourg, SES mène le consortium SpaceRISE et jouera un rôle central dans la conception, la livraison et l’exploitation du système IRIS². Les deux autres centres stratégiques sont basés à Fucino en Italie et Toulouse en France.

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