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JO-2030, le lobbying fait rage !


Voir Mathieu Van der Poel disputer les Jeux d'hiver fait saliver certains et indispose d'autres... (Photo : afp)

JO-2030 Gravel, cyclo-cross, cross, trail… des sports non issus de la glace ou de la neige pourraient faire leur entrée aux prochains JO dans les Alpes en 2030, une véritable révolution qui crispe les fédérations de sports d’hiver.

«Entre 1 000 m et 2 500 m d’altitude, on a toute la neige, toutes les stations. Mais entre 0 et 1 000 m, il n’y a rien alors que c’est un formidable terrain de jeu. Et là, on pense aux sports outdoor : trail, cyclo-cross, gravel… Ce serait quand même dommage de ne pas montrer cette facette-là», déclarait en décembre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation des Alpes 2030.

Avec le réchauffement climatique et la raréfaction de la neige, le patron du Cojop plaide pour des Jeux d’hiver qui «dessinent la montagne de 2050». Mais il tient encore secrète la sélection des quatre nouveaux sports qu’il peut proposer au Comité international olympique (CIO).

Ce dernier a lancé un groupe de travail pour réfléchir «à la possibilité de faire cohabiter des sports traditionnellement disputés en été ou en hiver» – ce que ne prévoit pas la Charte olympique – et rendra en juin sa décision sur les sports et disciplines additionnels pour 2030. Une discipline pourrait notamment disparaître de la prochaine olympiade hivernale, le combiné nordique.

Des pour et des contre…

Du côté des nouveaux entrants potentiels, ça se bouscule au portillon : escalade sur glace, patinage synchronisé, hockey 3X3, télémark, freeride… mais aussi des pratiques sans lien immédiat avec l’univers de la neige ou de la glace, comme le trail, le cyclo-cross, le cross ou le gravel. Cette éventualité a fait bondir les fédérations olympiques d’hiver, qui ont jugé cet automne que cela «diluerait la marque, l’héritage et l’identité» des Jeux hivernaux.

Si elle reconnaît que «la question climatique est complètement dans l’air du temps», la présidente de la Fédération française des sports de glace (FFSG), Gwenaëlle Noury, juge que «ce serait mieux de pouvoir ouvrir les JO à certaines disciplines d’hiver qui attendent depuis 30 ans, et d’accompagner les sports d’hiver dans la transition environnementale, plutôt que d’aller sur des pistes alternatives».

Elle souligne que le patinage artistique synchronisé – en équipes de neuf – «est un sport mature, qui a ses championnats depuis 2000». Et que le voir supplanté par un sport non hivernal serait «une déception».

«Le climat change, donc quid de l’avenir des Jeux d’hiver ? Aujourd’hui ils ne s’adressent pas à une grande partie du monde», estime de son côté Jean Gracia, président de la Fédération française d’athlétisme, qui «pousse pour qu’il y ait du trail et/ou du cross aux JO-2030». Il reconnaît aussi qu’«il y a des lobbyings un peu partout, et que nos amis montagnards ne sont pas très chauds».

Edgar Grospiron a déjà évoqué la possibilité pour 2030 d’une épreuve ouverte au public, de type trail, dans le même esprit que le «marathon pour tous» de Paris 2024. Il a aussi évoqué la possibilité de voir par exemple Mathieu Van der Poel disputer l’épreuve de cyclo-cross, ce qui serait «incroyable»…

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