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Libye : un fils de Kadhafi tué


Seif al-Islam Kadhafi était recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. (Photo : afp)

Seif al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant défunt Mouammar Kadhafi, a été tué par un commando dans l’ouest du pays. Il avait été un temps considéré comme le successeur potentiel de son père.

Le parquet en Libye a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur l’assassinat la veille de Seif al-Islam Kadhafi, fils du dirigeant défunt Mouammar Kadhafi, dans un pays divisé où le chef du conseil présidentiel a appelé les différentes factions « à la retenue ». Des médecins légistes s’étaient rendus mardi à Zenten (ouest), selon le bureau du procureur, pour examiner la dépouille de celui qui fut longtemps considéré comme le successeur potentiel de son père, homme fort de la Libye pendant plus de 40 ans. Dans un communiqué, le parquet a confirmé une mort par balle.

En attendant les résultats de l’enquête pour identifier et retrouver les auteurs de l’assassinat, le chef du conseil présidentiel (un organe conçu comme neutre, représentant les trois grandes régions), Mohamed Menfi, a exhorté les «forces politiques, les médias et les autres acteurs à la retenue dans le discours public». L’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité pendant la répression sanglante à la fin du règne de son père, a suscité des interrogations autour des acteurs politiques pouvant en tirer profit, et du mode opératoire, certains l’imputant à des professionnels.

Un pays déchiré

Depuis la chute et l’assassinat de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Deux exécutifs s’y disputent le pouvoir: le gouvernement d’unité nationale installé à Tripoli (ouest), dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU; et un autre à Benghazi (est), contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils qui ont étendu leur emprise sur le sud. A l’instar de divers experts, des Libyens rencontrés à Tripoli estiment que sa mort élimine un trouble-fête capable de séduire les nostalgiques de l’ère de son père. Pour Marwan Salama, un commerçant de 35 ans, cet assassinat, «purement politique», pourrait «permettre l’installation d’un gouvernement» unifié entre Haftar et Dbeibah.

M. Menfi a promis qu’il n’y aurait «aucune impunité» pour les auteurs. Il faut, selon lui, «éviter toute incitation à la haine» pouvant «saper les efforts de réconciliation nationale et la tenue d’élections libres et équitables». Sur les circonstances de sa mort, l’avocat français de Seif al-Islam Kadhafi, Marcel Ceccaldi, a dit que son client avait été tué dans sa maison à Zenten par «un commando de quatre personnes». Selon son conseiller Abdullah Othman Abdurrahim, l’autopsie a été effectuée et il pourrait être enterré à Bani Walid, fief d’une tribu fidèle à la famille Kadhafi, à près de 200 kilomètres au sud de Tripoli.

Seif al-Islam Kadhafi avait été arrêté en 2011 dans le sud libyen. Détenu à Zenten, il avait été condamné à mort en 2015 par les autorités contrôlant à l’époque Tripoli, à l’issue d’un procès expéditif avant de bénéficier d’une amnistie.

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