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Menaces d’escalade russe : l’Europe répond à Moscou


Des habitants passent devant un centre commercial endommagé après les frappes russes menées à Kiev durant le week-end écoulé. (Photo : afp)

UKRAINE Les dirigeants européens ont convoqué mardi les représentants russes de leur zone après l’appel de Moscou aux diplomates étrangers à quitter Kiev avant de nouvelles frappes.

La Russie fait planer depuis plusieurs jours la menace d’une escalade dans ses attaques sur l’Ukraine pour se venger d’une frappe ukrainienne ayant tué selon Moscou 21 personnes dans un lycée en territoire occupé. La diplomatie russe a ainsi appelé lundi les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements.

Dénonçant une «escalade inacceptable», une porte-parole de l’UE, Anitta Hipper, a annoncé sur X que le chargé d’affaires russe à Bruxelles avait été convoqué en signe de protestation et assuré que la délégation de l’UE resterait présente dans la capitale ukrainienne.

L’Allemagne, l’un des principaux alliés de Kiev, a également convoqué l’ambassadeur russe et assuré qu’elle «ne se laisserait pas intimider» et «continuera à soutenir l’Ukraine de toutes ses forces». Le représentant russe à Oslo a également été convoqué par la Norvège, pays européen non membre de l’UE, pour protester contre les «menaces».

Chose rare, l’avertissement de Moscou a été répété individuellement par le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à son homologue américain Marco Rubio, qui a fait savoir qu’il avait transmis le message au président Donald Trump. «Les États-Unis (sont) prêts et disposés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la fin de cette guerre, et nous espérons que l’occasion se présentera à un moment donné», a déclaré le secrétaire d’État américain.

Sergueï Lavrov a, lui, assuré mardi avoir «expliqué au secrétaire d’État ce qui nous a conduit à cette décision» et selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, Washington «a pris bonne note de tous les messages transmis» par Moscou.

Le Kremlin dénonce une «attaque sanglante»

À l’ONU, une cinquantaine d’États ont dénoncé mardi les «menaces récentes» de Moscou contre les diplomates à Kiev. La Russie «a atteint un niveau sans précédent d’agression contre l’Ukraine en intensifiant davantage ses attaques contre les civils et les infrastructures civiles», a déclaré le représentant de l’Ukraine à l’ONU, Andriy Melnyk.

Dans son message d’avertissement lundi, Moscou a dit prévoir des frappes contre les «centres de décision» et «entreprises du complexe militaro-industriel» à Kiev, appelant les étrangers à quitter la ville et les habitants à s’éloigner des infrastructures militaires.

Selon Moscou, cette décision a été motivée par des frappes ukrainiennes sur des cibles civiles, et notamment par la destruction vendredi par des drones ukrainiens d’un dortoir où dormaient des dizaines d’adolescents. Cette attaque a fait, selon un dernier bilan russe, 21 morts et plus de 40 blessés à Starobilsk (Starobelsk en russe), dans la région de Lougansk occupée par la Russie dans l’est de l’Ukraine.

L’état-major de l’armée ukrainienne a affirmé que ses forces avaient bombardé cette nuit-là plusieurs sites militaires russes, dont un quartier général d’une unité située dans la zone de Starobilsk.

La presse russe a de son côté publié l’identité des victimes, des adolescents, les témoignages des rescapés et des proches tués. Cette «attaque sanglante» et «délibérée» est «la goutte d’eau qui fait déborder le vase», a justifié le ministère russe lundi.

L’armée russe a mené, en plus de quatre ans, des bombardements destructeurs à de nombreuses reprises à Kiev et dans d’autres villes. Le week-end dernier, elle a attaqué l’Ukraine avec des centaines de drones et de nombreux missiles, dont un Orechnik de dernière génération, utilisé pour la troisième fois du conflit.

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