US OPEN Jamais un match ne s’était terminé si tard à New York : l’Américain a rejoint les demi-finales en éliminant au bout de la nuit le tenant du titre espagnol, battu 6-7 (5/7), 6-1, 6-3, 1-6, 7-6 (10/7).
Il était 3 h 33 à Flushing Meadows quand Ben Shelton, 23 ans, a mis fin, dans la nuit de mardi à mercredi, à la série de 18 victoires consécutives de Carlos Alcaraz en Grand Chelem, qui faisait à l’US Open son retour à la compétition après plus de quatre mois sans jouer en raison d’une blessure au poignet droit.
«Ça s’est joué à peu de choses. Donc je ne vais pas être déçu de ne pas avoir obtenu la victoire à la fin. Je suis juste fier de moi, de la manière dont j’ai combattu», a réagi l’Espagnol, lui aussi âgé de 23 ans. Il avait déjà établi le précédent record en 2022, bravant la nuit new-yorkaise pour éliminer Jannik Sinner en quarts de finale à 2 h 50 du matin en cinq sets après 5 h 15 de combat.
La soirée de mardi avait tous les ingrédients pour devenir historique. C’était le premier choc de ce tournoi, une finale avant l’heure, entre le vainqueur de la dernière édition et l’homme en forme du moment, auteur d’une solide tournée nord-américaine après son titre au Masters 1000 de Montréal.
C’était aussi le dernier match possible entre deux membres du top 10 avant une potentielle finale face à la tête de série n° 1 Alexander Zverev (2e), lauréat à Roland-Garros en juin, s’il parvient à se hisser jusque-là. Ils avaient rendez-vous sur le court Arthur-Ashe, déjà chauffé à blanc par la victoire de Jessica Pegula (3e) 3-6, 6-4, 6-3 aux dépens de sa compatriote Emma Navarro (27e).
Alcaraz vomit dans sa serviette
Alcaraz (3e mondial) et Shelton (9e) ont donc commencé leur duel à 23 h 05. Et malgré la fatigue, la durée du match (4 h 28), les deux joueurs ont continué de courir, de frapper, jusqu’à se rendre malades, comme Alcaraz, qui a vomi dans sa serviette pendant le match.
Après un premier set très disputé, qui a tourné au dernier moment en faveur de l’Espagnol, celui-ci s’est complètement éteint, peu en réussite en coups droits (31 fautes directes sur 53) quand Shelton envoyait les coups de semonce. «Je pense avoir été intelligent dans la façon dont j’ai abordé mes jeux de retour. J’ai l’impression que je l’ai beaucoup fait jouer», a expliqué Shelton.
Le trou d’air s’est poursuivi dans le troisième set, l’Américain appuyant de plus en plus ses frappes quand Alcaraz se démenait pour les renvoyer. L’Espagnol a stoppé l’hémorragie de neuf jeux consécutifs de Shelton et a même eu une balle de débreak quand l’Américain servait pour le set à 5-3. Mais ce dernier a fait courir dans tous les sens Alcaraz qui, dans les cordes, a fini par céder.
«Sourire aux lèvres»
Puis Shelton a montré quelques signes d’usure. Alcaraz, le poing rageur, s’est mis alors à remporter les points importants, concluant la manche par un jeu blanc. La rencontre est ensuite devenue irrespirable. L’Espagnol a eu une balle de break à 2-2. Puis ce fut au tour de Shelton à 4-3.
Mais il fallait que ce match aille au bout du bout, au super tie-break. Une nouvelle faute en coup droit d’Alcaraz a permis à l’Américain de servir pour le match, conclu aux petites heures de la nuit par un ace, le 7e, à plus de 238 km/h.
«Après le troisième set, physiquement j’étais vraiment fatigué, mais j’ai trouvé le moyen de me pousser. Au cinquième set, j’ai simplement commencé à me sentir de mieux en mieux, mais je jouais contre une bête. Shelton est un joueur incroyable, puissant. Tout le mérite lui revient», a assuré l’Espagnol.
«Pour nous, c’était juste un plaisir de jouer ce match. Gagner ou perdre, on aurait quand même eu le sourire aux lèvres», a estimé l’Américain. Shelton décroche sa première victoire contre Alcaraz (1 victoire – 2 défaites) et surtout son premier succès face à un joueur du top 3 (1-17). Il disputera sa deuxième demi-finale à l’US Open après celle de 2023, et sera opposé, vendredi, à son compatriote Frances Tiafoe (12e).