La F1 va faire son retour en Afrique «au début des années 2030» avec un Grand Prix au Rwanda, une première pour un continent qui attend ça depuis 1993.
Le dernier Grand Prix de F1 sur le continent africain (24 au total dont 23 en Afrique du Sud et 1 au Maroc) s’était couru en ouverture de la saison 1993 sur le circuit de Kyalami, en Afrique du Sud, où Alain Prost s’était imposé devant Ayrton Senna.
«C’est un honneur et un privilège pour le Rwanda d’avoir été choisi», s’est réjoui le président rwandais, Paul Kagame, à l’occasion d’une cérémonie de présentation à Kigali.
Le Rwanda ne dispose pour l’instant pas de circuit de F1 et sa construction s’annonce coûteuse. La nouvelle piste devrait voir le jour à Bugesera, à une quarantaine de kilomètres au sud de Kigali. Mais elle ne sera pas achevée avant le début de la prochaine décennie.
Le président de la Fédération internationale de l’automobile, Mohammed Ben Sulayem, a lui évoqué «un moment historique».
«Depuis de nombreuses années, nous exprimons notre volonté de revenir (…) avec la bonne vision et le bon partenaire. Ce partenaire, c’est le Rwanda», a quant à lui souligné le patron de la F1, Stefano Domenicali.
«Pour nos fans du monde entier, c’est un moment incroyablement passionnant. Nous comptons plus de 800 millions de fans à travers le monde, et l’Afrique compte à elle seule plus de 100 millions de fans de Formule 1. Et cette communauté continue de croître à un rythme extraordinaire», a-t-il ajouté.
La promotion par le sport
Le Rwanda est un pays vallonné d’Afrique des Grands Lacs, un peu moins vaste que la Belgique qui l’a colonisé dans les années 1920 jusqu’à son indépendance en 1962. Son histoire a été marquée par le génocide des Tutsi de 1994, qui a fait 800 000 morts.
Depuis lors, sous la houlette du président Paul Kagame, le Rwanda a connu une mue économique, bien visible dans la capitale Kigali.
Les détracteurs de cet homme longiligne, réélu en 2024 pour un quatrième mandat avec un score de 99,18 % des suffrages, l’accusent toutefois de diriger le pays d’une main de fer et de museler toute opposition.
Il a aussi choisi de promouvoir son pays par le sport, le Rwanda devenant par exemple l’an dernier le premier pays africain à organiser les championnats du monde de cyclisme. Il est aussi partenaire, avec son slogan «Visit Rwanda», de plusieurs grands clubs européens de football. Les résultats restent cependant mitigés sur le plan touristique.