L’Angleterre du serial-buteur Harry Kane a montré ses muscles devant, sa fébrilité derrière, et la richesse de son banc contre la Croatie de Luka Modric (4-2), une entame encourageante pour les vice-champions d’Europe au Mondial-2026, mercredi près de Dallas.
La sélection des Three Lions a permis à ses supporters de rugir de plaisir dans l’antre des Dallas Cowboys (NFL) à Arlington, pleine à craquer avec quelque 70 400 spectateurs recensés, au bout d’une rencontre dynamique et spectaculaire, sans temps mort.
Tout n’a pas été parfait pour les Anglais, certes. Ils ont même mis du temps à transposer leur supériorité au tableau d’affichage. Mais, au final, ils ont lancé leur mission avec réussite et beaucoup d’enthousiasme.
La Croatie, elle, n’a pas démérité et a su piquer par instants, sans pouvoir faire autrement qu’écoper face aux incessantes vagues adverses lancées par le capitaine Harry Kane et sa bande.
L’avant-centre du Bayern Munich s’est joint à la fête lancée par Kylian Mbappé, Erling Haaland (un doublé chacun) et Lionel Messi (triplé), la veille, en marquant deux fois.
«Bien sûr, j’ai vu les gars marquer hier», a-t-il déclaré en zone mixte. «Je pense qu’au fond de moi, cette concurrence m’aide à repousser mes limites. C’est à ça que sert la Coupe du monde : permettre aux meilleurs joueurs de s’exprimer au plus haut niveau».
Le meilleur buteur (81 buts en 115 sélections) et guide suprême des Three Lions a fait du Kane : des répliques défensives, un sauvetage devant la ligne (90e+5), des passes longues façon quarterback et des buts, forcément.
Il s’y est repris à deux fois sur le premier, une pénalité concédée par Modric devant Noni Madueke.
Dominik Livakovic a plongé du bon côté, mais le gardien du Dinamo Zagreb n’était pas resté sur sa ligne au moment du tir. Sur la seconde tentative, le N.9 a réalisé un contre-pied parfait (12e, 1-0).
69e mais pour Kane
Son deuxième, il l’a inscrit d’une tête puissante du point de pénalité, en profitant du très bon service de Declan Rice sur corner et d’une absence de marquage individuel impardonnable (42e, 2-1).
Cela porte le total du personnel de «HurryKane» à 69 buts en 59 matches cette saison, club et sélection confondus.
Seulement voilà, l’efficacité de Kane devant a été contrariée par la fébrilité, derrière, d’une équipe d’Angleterre trop ouverte. Contre la Croatie, petit pays par la taille mais grande nation de foot, cela ne pardonne pas.
Martin Baturina a bouclé une belle attaque rapide, d’un tir puissant, après un numéro dans la surface de Petar Sucic qui a enrhumé John Stones d’un crochet, avant de servir le buteur en retrait (36e, 1-1).
L’arrière-garde était aussi aux abonnés absents quand la «Vatrani» a déroulé : balle par-dessus la défense de Mario Pasalic, remise de la tête d’Ivan Perisic vers le local de l’étape Petar Musa, attaquant du FC Dallas, qui a marqué d’une volée, puis pleuré d’émotion (45e+5, 2-2).
L’Angleterre a toutefois mérité de remporter ce choc de haute volée, en affichant l’intensité et l’abnégation que son sélectionneur Thomas Tuchel voulait voir à l’œuvre au moment de sa nomination.
En seconde période, surtout, elle a fait suer son adversaire à grosses gouttes dans le stade fermé d’Arlington avec un jeu tout feu tout flamme.
Sans les arrêts de Livakovic sur des têtes de Nico O’Reilly et Anthony Gordon (56e), une frappe sèche de Kane (57e) et une tentative de l’entrant Djed Spence (82e), le score aurait été bien plus lourd.
Les Anglais ont marqué au retour des vestiaires quand Jude Bellingham a bonifié une belle passe spontanée d’Elliot Anderson dans la profondeur (47e, 3-1). Et ils ont enfoncé le clou grâce à leurs entrants de luxe, Bukayo Saka à la passe et Marcus Rashford à la finition (85e, 4-2).
À la mi-temps, «je les ai encouragés à jouer à notre manière», a raconté Tuchel. «Je veux qu’ils soient courageux, intenses, qu’ils jouent vers l’avant, qu’ils le fassent ensemble, qu’ils se lâchent, qu’ils soient actifs. Je les ai encouragés avec ces mots, c’était court, calme, et si eux disent que ça les a aidés, tant mieux.»