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Navigation aérienne : nouvel échec de conciliation


Les opposants au projet de François Bausch redoutent, à présent, une mise en péril de la sécurité aéronautique et de la certification de l'aérodrome. (photo archives LQ)

La troisième réunion de conciliation entre les représentants du personnel de l’administration de la Navigation aérienne (ANA) et ceux du ministère a abouti, jeudi, à une décision de non-conciliation. Fin 2016, le personnel du service de navigation aérien avait décidé de déclencher cette procédure.

Confier à lux-Airport et non à l’administration de la Navigation aérienne (ANA) la coordination de la certification de l’aérodrome, tel était le projet annoncé par le ministre du Développement durable et des Infrastructures, François Bausch, l’année dernière. Il répondait en cela à une exigence de la Commission européenne s’appliquant à tous les aéroports dépassant le nombre de trois millions de passagers.

Contrairement aux craintes exprimées par le personnel, qui n’avait pas apprécié de n’avoir pas été consulté à ce sujet, le ministre assurait que le projet se limiterait à la coordination et à la certification. Aucun poste ne serait en danger et le statut de fonctionnaire des navigateurs aériens conservé.

Un ministre qui «campe sur sa position»

Mais aussi bien la CGFP que l’OGBL se sont opposés à la délégation du pouvoir à une société de droit privé (lux-Airport) et exigeaient le retrait d’une mesure gouvernementale jugée «arbitraire», car prise en l’absence de tout dialogue social. L’OGBL redoutait notamment que l’administration de l’ANA pourrait à l’avenir dépendre entièrement d’une société actionnaire et «opérer sous sa tutelle».

À partir d’un certain moment, la représentation du personnel de l’ANA et la Guilde luxembourgeoise des contrôleurs de la circulation aérienne ont initié la procédure de conciliation qui, après trois réunions avec les représentants du ministère, a finalement abouti hier à une «décision de non-conciliation». Selon un communiqué du gouvernement, «les représentants des syndicats ne voulaient pas accepter les propositions faites par le ministre François Bausch pour trouver une solution constructive à leurs doléances».

L’État s’était notamment engagé à maintenir le statut de l’ANA en tant qu’«administration à gestion séparée sous la tutelle» du ministère des Infrastructures et du Développement durable, ainsi qu’à garantir les rémunérations, statuts, pensions et conditions de travail du personnel de l’ANA, qui ne seraient pas affectés par «le changement de gestionnaire d’aérodrome»…

Comme l’ont fait savoir de leur côté la Guilde des contrôleurs de la circulation aérienne et la représentation du personnel de l’ANA dans un communiqué commun hier soir, «le ministre n’a en aucun moment profité de la conciliation pour trouver un accord, mais a campé sur sa position initiale». En effet, selon les représentants, le ministre aurait surtout échoué à «argumenter de façon crédible sa décision», notamment parce qu’il aurait refusé de prendre «en compte les éléments de preuve objectifs apportés par les représentations», comme le danger de voir mises en péril «la sécurité aéronautique et la certification de l’aérodrome».

Le communiqué des représentants de la Guilde et de l’ANA regrette encore que dans la proposition de modification de la loi sur l’ANA, toute attribution ayant trait à l’aérodrome soit «rayée» et ce, alors même que «le ministre s’obstine à confirmer que rien ne changera pour l’ANA». Mais les représentants annoncent également vouloir poursuivre leur lutte pour le «maintien des attributions de l’aérodrome dans l’ANA».

Frédéric Braun

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